Leukodécadence: Frédéric Beigbeder rit jaune fluo

Un an après son éviction de France-Inter, l’écrivain règle ses comptes dans « l’Homme qui pleure de rire ». Un roman sur fond de critique de la société du tout-dérisoire et sur la puissance du déterminisme social.

Nous avions laissé Frédéric Beigbeder assagi, papa poule vaguement néorural, « retraité de la vie nocturne parisienne » selon ses propres dires… mais c’était sans compter sur le démon Parango. Le matin du 15 novembre 2018, un mois après notre rencontre où il se disait lassé de sa vie médiatique, l’écrivain sabordait en direct sa carrière de chroniqueur humoristique sur France-Inter en se livrant, après une énième nuit blanche, à trois minutes d’improvisation incontrôlée et de remplissage dada.

Beigbeder, (trop) fidèle à son personnage, s’excusait auprès de 3,5 millions d’auditeurs d’avoir perdu son texte vers 3 heures du matin, alors qu’il inaugurait le Medellin, nouvelle boîte de nuit branchée du quartier des Champs- Elysées à la gloire de Pablo Escobar…

La matinale bien huilée de Nicolas Demorand et Léa Salamé avait illico éjecté le grain de sable qui insupportait déjà beaucoup de ses auditeurs. Peut-être injustement, apprend-on à la lecture des premières pages de son nouveau roman (en librairie jeudi 2 janvier) : car ce n’était pas Beigbeder derrière le micro… mais Octave Parango ! Oui, le double de papier de l’auteur de « 99 Francs », campé par Jean Dujardin puis Gaspard Proust au cinéma, avait en réalité depuis le début quelque chose de « Gainsbarre » ou de « Mr Hyde »., nous explique Frédéric Beigbeder :

« Il se manifeste tous les dix ans dans mon existence, généralement quand ma situation se stabilise, comme pour salir intégralement ma réputationJe crains qu’il ne s

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