Leukodécadence: Florence Foresti(de type métèque italien) regrette de ne pas pouvoir être “seins nus” sur la plage

(En pleine promotion de son nouveau spectacle Épilogue et toujours aussi franche, l’humoriste s’insurge contre la pudibonderie et la censure d’une époque «ultrapuritaine». Au point qu’il faille revenir au féminisme, alors qu’elle pensait que c’était «de l’histoire ancienne».

En novembre, elle était nommée chevalier de l’Ordre du Mérite. Cet hiver, Florence Foresti revient sur scène pour se moquer de ses confrères américains, imaginer son enterrement, railler la technologie et les réseaux sociaux, et interdire les téléphones portables. Elle en profite également pour aborder le harcèlement des femmes et les clichés qu’on leur colle à la peau.

Dans une interview à Paris Match, l’humoriste revient notamment sur le retour du féminisme à travers la campagne MeToo. Après le scandale impliquant l’ex-magnat d’Hollywood Harvey Weinstein, le mouvement a contribué tout au long de l’année à libérer la parole des femmes sur les violences qu’elles subissent au quotidien. «Qu’est-ce qu’on est con de se censurer à ce point!» Florence Foresti ne garde pas sa langue dans sa poche, encore moins lorsqu’il est question des nombreux clichés qui pèsent sur les femmes, qu’elle moque de manière cinglante dans ses spectacles. «Grâce à MeToo, on va peut-être cesser de demander à Micheline de mettre des collants et des minijupes», ironise l’artiste, que l’injonction à être belle a toujours «gonflée».

Selon elle, la nouvelle génération a «cent fois plus de modèles pour se développer» que les précédentes. Florence Foresti déplore tout de même que «l’injonction à être gentille est plus forte». Selon elle, «on demandera toujours à une femme de parler doucement, d’être gentille et de ne pas réclamer d’augmentation». L’humoriste regrette l’époque où elle pouvait être «seins nus sur la plage». «Mais maintenant, je vois bien que ma fille ne le supporte pas», explique-t-elle en ajoutant que la petite Toni «ne met pas de jupe au collège, comme si c’était interdit». Une époque qu’elle dénonce comme «ultrapuritaine» et «pathétique», qui pousse tout le monde à porter des jeans et des sweats «pour qu’on ne voie pas les formes». «Ce qui est triste dans tout ça, c’est que le féminisme soit obligé de revoir le jour, ajoute-t-elle. Je pensais que c’était de l’histoire ancienne. C’est ma mère qui a eu besoin du féminisme.»

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Celle qui parle «trop vite» et «trop fort» pour être l’une des Micheline qu’elle raille avait pourtant dérapé en mars. Interrogée par Clique Tv, Florence Foresti avait joué la carte de l’autodérision sur MeToo et la blague était mal passée. Déjà remis en cause en 2014, le féminisme de l’humoriste semblait alors divisé par ses appels à la liberté des femmes d’une part, et ses blagues qui véhiculaient des clichés de genre de l’autre.

 

Le Figaro