Leukodécadence: Emmanuel Todd insulte Jupiter “Un puceau de la pensée élu dans une hallucination collective”(sic)

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Un “puceau de la pensée” élu dans “une hallucination collective” : le macronisme selon Emmanuel Todd

L’intellectuel, dont la parole publique est devenue rare, a tenu le 3 octobre à Sciences Po une conférence d’analyse du macronisme. Pendant une heure et demie, le démographe a multiplié les flèches en direction d’Emmanuel Macron, de ses députés et de ses électeurs.

On avait perdu l’habitude d’entendre l’analyse d’Emmanuel Todd sur l’actualité politique. L’anthropologue et historien n’apparaît plus que de manière épisodique dans les médias : pour essuyer les plâtres de l’émission de Frédéric Taddéi sur Russia Today le 27 septembre, en fin de soirée dans l’Emission politique de France 2 un an auparavant, ou à l’occasion d’un entretien dans Marianne. Le 3 octobre, l’intellectuel qui a prédit l’effondrement de l’URSS et le printemps arabe a donné une conférence à Sciences Po, où il était l’invité de Critique de la raison européenne, l’association souverainiste de l’école de la rue Saint-Guillaume à Paris.

 

“Pour moi, la toile de fond du macronisme, c’est une certaine honte d’être Français”

En confiance dans un cadre propice, Emmanuel Todd s’est montré fidèle à lui-même : sur un ton badin et flegmatique, il a enchaîné les flèches contre la Macronie, sujet qui “ne l’intéresse pas du tout” mais auquel il a tout de même consacré plus d’une heure et demie (voir la vidéo ici). Ne reculant pas devant l’outrance, il a qualifié tour à tour Emmanuel Macron de “nain intellectuel” ou de “puceau de la pensée“. Mais il a aussi repris son costume d’analyste, livrant d’abord son regard sur la campagne présidentielle de l’an dernier, notamment sur les personnes “en extase” devant le candidat En Marche qui selon lui “racontait des trucs absolument pas intéressants avec un air de messie (…), le genre de machins qu’on apprenait à Sciences Po avant la grande crise de 2008“. Comment, alors, expliquer sa victoire ? Todd estime que “dans le contexte d’émergence du macronisme, il y a ce qu’il faut bien appeler une très grande médiocrité morale. Doit-on la situer dans l’ensemble du pays ou dans les classes moyennes ? La morale reposait sur des structures stables, anciennes et historiques – la culture catholique, la culture communiste, la culture socialiste, la culture nationale, gaulliste -, tout ça a explosé, on est dans un monde d’immoralité. Pour moi, la toile de fond du macronisme, c’est une certaine honte d’être Français”.

Les électeurs d’Emmanuel Macron, Todd les décrit comme “des gens des classes moyennes, ayant souvent une bonne éducation, qui se prennent pour autre chose que ce qu’ils sont, qui se pensent bons, qui se pensent intelligents, qui sont dans un état de lévitation psychique”. Reprenant les cartes électorales, dont il est un observateur attentif depuis ses ouvrages avec Hervé Le Bras, il analyse le vote Macron comme “la vieille carte socialiste avec des bastions catholiques supplémentaires qui ont sans doute quelque chose à voir avec le ralliement de Bayrou, et une plus grande visibilité des métropoles”.

“Chez les jeunes diplômés en perte de vitesse, la désignation d’une France d’en bas, fermée (…) peut s’analyser exactement dans les mêmes termes que la xénophobie anti-Arabes”

Mariannes.net