Leukodecadence: Emma Becker(de type Blanche Ashkenaze)« J’ai écrit “La Maison” pour faire des putes des héroïnes »(sic)

Dans « La Maison », paru cet été et succès critique et public, Emma Becker décrit deux années passées par choix dans des bordels de Berlin. Attaquée par des féministes, l’écrivaine revendique y avoir trouvé une forme d’émancipation.

Comme souvent, c’est une fois le micro coupé, pile au moment de prendre congé, que les trois phrases-clés de l’entretien ont été prononcées. « Un écrivain ne choisit pas ses lecteurs. Ces quatre derniers mois, j’ai souvent eu l’impression qu’on projetait sur mon livre un discours très éloigné du mien. C’est comme ça, il faut l’accepter, même si ce n’est pas toujours facile. » En quelques mots, Emma Becker venait de résumer ce qu’elle nous avait dit pendant deux heures sans jamais le formuler de façon aussi claire. La Maison (Flammarion), ce récit où la Française raconte les deux ans qu’elle a passés dans des bordels berlinois, lui a largement échappé depuis sa parution, le 21 août.

Après 40 000 exemplaires vendus, une couverture médiatique maximale et trois distinctions (prix Blù Jean-Marc Roberts et prix RomanNews, mi-septembre ; prix Roman des étudiants France Culture-Télérama, le 11 décembre), ce n’est pas étonnant. Mais on devine que ça la travaille. Difficile de se sentir « mise dans des cases » quand on a un rejet viscéral des « assignations » et qu’on revendique pour soi-même, à 31 ans, « une liberté totale », à commencer par celle de « refuser les étiquettes qu’on veut vous coller ».

Le Monde

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