Leukodécadence, Blanc-rope: La France a tout perdu avec l’Euro(Appauvrissement de 56000 Euros par Personne selon une étude du centre Politique Blanc-péen)(Màj: L’ensemble des “Grands Blancs” jugent l’étude bidon)

Màj: 28/02/2019:L’étude allemande bidon sur les perdants de l’euro.

La création de l’euro, il y a 20 ans, a-t-elle été une catastrophe pour la France et l’Italie ? La controverse est aussi vieille que l’euro lui-même.

Deux économistes d’un institut ordolibéral allemand, le Centrum für europäische Politik (CEP) de Fribourg-en-Brisgau s’y sont néanmoins bravement attaqués. Après tout, il s’agit là d’une des grandes interrogations macro-économiques de notre époque : que se serait-il passé si la monnaie unique n’avait pas été adoptée ? Si la France avait toujours le franc, l’Italie la lire et l’Allemagne le deutschemark ? La réponse péremptoire donnée par les auteurs de l’étude ravit tout ce que la France et l’Italie comptent d’eurosceptiques, qu’ils soient de droite ou de gauche. L’euro, prétendent-ils, a rendu plus pauvres les Français (qui auraient perdu 56 000 euros par tête depuis 20 ans), mais aussi les Italiens (74 000 euros par tête) et même la grande majorité des 19 pays de l’union monétaire, à part trois exceptions : les Allemands, les Néerlandais et… les Grecs. Chaque Allemand aurait ainsi gagné 23 000 euros grâce à l’euro depuis deux décennies, par rapport à ce qu’aurait été le revenu moyen si le deutschemark avait été conservé.

Problème : l’étude ne tient pas debout. Il est toujours délicat de refaire l’histoire. « Avec des si, on mettrait Paris en bouteille », dit le dicton. On peut toujours se demander ce qu’il se serait passé si le mur de Berlin n’était pas tombé, si Lénine n’avait pas lu Karl Marx, si Napoléon avait gagné à Waterloo… Les spécialistes appellent « uchronie » ce genre d’exercice. En général, il s’agit d’une pure construction intellectuelle. Mais en l’occurrence, les deux économistes du CEP se sont livrés à de savants calculs, qu’ils prétendent sérieux. La méthode qu’ils ont employée est pourtant sujette à caution. Elle revient à comparer les grands pays de la zone euro avec un échantillon de pays qui ont traversé une conjoncture économique similaire avant le passage à l’euro. Et à regarder ce qu’il s’est passé depuis.

Des choix surprenants

L’usage de la méthode en question « est critiquable, car celle-ci s’applique en général aux analyses microéconomiques, et non macroéconomiques de long terme », explique au Point Alberto Alemanno, professeur de droit de l’Union européenne à HEC Paris. Les données retenues pour générer l’analyse sont également contestables. À ses yeux, « il y a un problème de validité interne de l’étude, notamment par rapport au groupe de contrôle retenu. En en modifiant les membres, selon d’autres critères, on peut aboutir à des résultats différents, par exemple que l’Allemagne sort perdante de l’euro ou la France grande gagnante ». Il y a quelques années, une étude effectuée par d’autres économistes et utilisant la même méthode avait donné, de fait, des résultats tout à fait différents.

Même en faisant abstraction des critiques de principe contre la méthode employée, des économistes comme Pierre Aldama ont souligné que les auteurs l’avaient en outre appliquée « de façon fallacieuse ». L’échantillon de pays utilisés pour la comparaison est surprenant (les Barbades pour le Portugal, l’Australie pour la France et l’Italie…). Or, en principe, les pays utilisés pour la comparaison « doivent partager des caractéristiques similaires », a observé Pierre Aldama sur Twitter.

De son côté, l'économiste italien Alessandro Martinello, qui enseigne à l'université de Lund en Suède, a souligné dans un article pour la revue en ligne Strade le biais de l'étude consistant à imputer à l'euro la faiblesse de croissance de certains pays. L'Italie, a-t-il fait remarquer, souffrait déjà d'un déficit de productivité dans les années 90, avant l'adoption de l'euro. Ce dernier ne saurait donc être le coupable. En France comme en Italie, c'est plutôt le manque de réformes structurelles qui a conduit à la mollesse de la croissance.

« Si tous les pays s'en étaient tenu aux règles de Maastricht, ils auraient tous profité de l'euro »

En Allemagne, les experts du CEP ont reçu une volée de bois vert de la part des principaux économistes du pays. Clemens Fuest, directeur de l'institut IFO de Munich, a expliqué que « ni les profits importants de l'Allemagne ni les pertes massives de la France et de l'Italie ne pouvaient avoir été causés par l'introduction de l'euro ». D'après lui, « de manière générale, toutes les thèses prétendant identifier quels sont les perdants et les gagnants de l'euro n'ont, en général, aucune base sérieuse », et l'étude du CEP ne déroge pas à la règle.

Marcel Fratzscher, qui dirige le Deutsches Institut für Wirstschaftsforschung (DIW) à Berlin, a estimé que les résultats de l'étude n'étaient « pas probants », la méthode étant « inadaptée ». Selon lui, la confiance et la stabilité qui ont été générées par l'euro ont apporté aux pays du sud de l'Europe des gains qui ne sont pas pris en compte par le CEP. « Ce n'est pas l'euro qui est responsable de la crise de la dette, mais les erreurs des gouvernements », a ajouté Marcel Fratzscher au quotidien Tagesspiegel. Dans le même sens, Jörg Krämer, chef économiste de la Commerzbank, a indiqué que « si tous les pays [de la zone euro] s'en étaient tenu aux règles de Maastricht, ils auraient tous profité de l'euro »

 

27/02/2019:

Selon une étude allemande, l'euro aurait particulièrement nui aux Français

Selon le Centre de Politique Européenne, la France et l'Italie sont les pays qui ont le plus pâti de l'adoption de l'euro. Chaque Français aurait perdu 56.000 euros sur la période 1999-2017. Et les grands gagnants seraient l'Allemagne et les Pays-Bas.

Un très sérieux think tank allemand au secours des intuitions eurosceptiques... ou des défenseurs de l'euro, selon le point de vue. Selon une étude du CEP, Centre de Politique Européenne, intitulée «20 ans d'euro: perdants et gagnants, une enquête empirique», la monnaie unique aurait largement pris à certains pays ce qu'elle a apporté à d'autres, depuis son introduction.

Le centre s'inscrit dans la tradition de l'école de Fribourg, d'inspiration libérale. La méthode retenue consiste à imaginer une évolution du PIB pour chaque pays, dans l'hypothèse où l'euro n'aurait pas existé. Les projections ont été réalisées en récréant virtuellement des trajectoires économiques à l'aide d'algorithmes, eux-mêmes basés sur les données de pays hors zone euro. Le think tank précise que l'influence des évènements économiques indépendants est neutralisée.

Le Figaro