Leukodecadence, Berlin: Au coeur des soirées dites “sexpositives” mêlant techno, alcool, drogues et sexe…

C’est la première fois que tu vois deux hommes faire l’amour en vrai. Les deux mecs en question portent un harnais et se regardent droit dans les yeux. C’est intense. Beau aussi. 

 

Il y a de la moquette grise par terre. Nous ne sommes pas chez eux ou dans une soirée échangiste mais dans l’espace chill d’un club, à Berlin. 

Autour d’eux, assis par terre, de petits groupes de gens papotent, tranquilles. Et tout le monde est très peu habillé. Car pour cette soirée sexpositive et queer (ça s’appelle “La Pornceptual”), il existe trois tarifs.

  • Un habillé (18 euros),
  • un semi nu (16 euros),
  • et un complètement nu (14 euros).

Tu t’appelles Baptiste. Tu as 25 ans, tu écoutes de la techno depuis que tu en as 17, tu es mon ami. Nous nous sommes rencontrés par l’un de ces heureux hasards que produisent parfois les soirées électros.

Parce que tu es un très bon camarade de soirée, je t’ai embarqué dans cette soirée. Voilà comment nous nous retrouvons, toi et moi, à moitié à poil, un samedi soir, dans cet immense bâtiment berlinois aux murs froids (l’Alte Münze).

Dans notre semi nudité, nous sommes tout de même déguisés en policiers comme l’indiquent nos casquettes, lunettes, menottes et insignes. Car ce soir-là, le thème c’est uniform Porn et nous sommes invités à

“explorer la politique culturelle de l’uniforme en tant que caractéristique persistante de la culture contemporaine”.

Si nous étions venus deux mois plus tard, on aurait dû réfléchir à l’univers des “balls” et du voguing.

Pour cette fois-ci, nous avons convenu que tu serais mon brigadier. Ou un truc du genre.

“Les regardez pas les gars”

C’est donc grâce à moi (ne me remercie pas, c’est cadeau) que tu vois actuellement ces deux hommes se pénétrer. Et tu bloques un peu.

Nous sommes une petite bande. Parmi elle, Antoine*, un ami qui vit à Berlin et qui a l’habitude de ces soirées, vient de capter ton regard et celui d’un autre pote. Il vous rappelle à l’ordre en souriant :

“Les regardez pas les gars, par contre.”

Le sexe ici n’est non seulement “pas sale“, mais il fait partie de la soirée. On peut croiser des groupes de garçons, dont certains se parlent et d’autres se sucent. C’est normal.

Tu as piétiné des dancefloors partout. A Paris, Amsterdam, Dour, Londres, Bruxelles, Prague, Gand, Anvers ou Barcelone. Mais voilà, des gens qui font l’amour comme ça dans une soirée, tu n’avais jamais vu ça. Normal. Ce qui se passe là est une avant-garde.

Cela commence dès la queue po

Nouvelobs