Leukodécadence: 3 médecins portent plainte contre Edouard Philippe et Agnès Buzyn

Trois médecins, représentants d’un collectif de soignants, ont déposé plainte ce jeudi contre le Premier ministre Edouard Philippe et l’ex-ministre de la Santé Agnès Buzyn. Ils les accusent de s’être “abstenus” de prendre à temps des mesures suffisantes pour endiguer l’épidémie de coronavirus.

Crise sanitaire majeure, la pandémie de coronavirus Covid-19 va peut-être connaître une issue judiciaire. Trois médecins, représentants d’un collectif de soignants, ont porté plainte ce jeudi contre le Premier ministre Edouard Philippe et l’ex-ministre de la Santé Agnès Buzyn. 

Cette plainte a été envoyée dans la journée à la commission des requêtes de la Cour de justice de la République (CJR). Cette dernière a pour fonction de juger des actes commis par des membres du gouvernement dans l’exercice de leurs fonctions, comme le prévoit la Constitution. Créée en 1993, la CJR a notamment jugé Christine Lagarde dans l’affaire de l’arbitrage du Crédit Lyonnais (affaire Tapie)

Les trois plaignants (Philippe Naccache, Emmanuel Sarrazin et Ludovic Toro) ont saisi la CJR au nom du collectif C19, récemment créé. Selon eux, M. Philippe et Mme Buzyn “avaient conscience du péril et disposaient des moyens d’action, qu’ils ont toutefois choisi de ne pas exercer”.

“Mascarade”

Pour étayer leur argumentaire, les plaignants s’appuient notamment sur des déclarations d’Agnès Buzyn dans le journal Le Monde.

Au cours de cet entretien, elle affirme avoir alerté dès janvier le Premier ministre Edouard Philippe sur la gravité de l’épidémie de coronavirus et l’avoir averti que “les élections (municipales) ne pourraient sans doute pas se tenir”. L’ex ministre de la Santé avait parlé de “mascarade” avant de revenir sur ses propos et de suspendre sa campagne. 

Pour le collectif de soignants représentés par ces trois praticiens, le Premier ministre et la candidate LREM à la mairie de Paris se sont abstenus “volontairement de prendre ou de provoquer les mesures permettant (…) de combattre un sinistre de nature à créer un danger pour la sécurité des personnes”, en l’occurrence l’épidémie de coronavirus. 

Selon les textes en vigueur, de tels faits peuvent être punis de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende.

La Dépêche.fr