LeukocratIe: Vers l’indépendance de la Flandres

« Bye Bye, Belgium » : quand la réalité rejoint la fiction

Les municipales du 14 octobre avaient valeur de test. Résultat : la partie francophone du pays glisse nettement à gauche tandis que la Flandre s’ancre un peu plus encore à droite. Si les électeurs belges reproduisaient ce résultat lors du scrutin législatif de mai 2019, c’est un remake de l’émission culte de la RTBF.

LE MONDE | • Mis à jour le | Par Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, correspondant)

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Bart De Wever (au centre) célèbre la victoire de son parti, la NVA, aux élections municipales, à Anvers, le 14 octobre 2018.

Analyse. Même ses adversaires les plus résolus sont contraints de l’admettre : Bart De Wever, campé en austère et intransigeant gardien des valeurs de la droite conservatrice flamande, a parfois raison. Le maire d’Anvers et dirigeant de l’Alliance néoflamande (NVA) base toujours une partie de son programme sur l’idée que la Belgique sera, à terme, définitivement ingouvernable parce que « deux démocraties », une flamande et une francophone, aux profils par trop divergents, ne peuvent durablement cohabiter sous le même toit. Celui d’un Etat qui n’a de fédéral que le nom, parce qu’il ne fédère rien et ne peut que limiter l’action de forces centrifuges. Lesquelles pourraient provoquer, un jour, la rupture entre néerlandophones et francophones.

Deux démocraties ? S’ils voulaient donner raison au chef du principal parti de Flandre – et de Belgique –, les électeurs ne s’y seraient pas pris autrement, le 14 octobre, lors des élections communales (municipales). Ce scrutin, le premier depuis quatre ans, avait, du coup, valeur du test. Pour la coalition fédérale, alliance inédite d’un seul parti francophone, le Mouvement réformateur de Charles Michel, et de trois formations flamandes, dont la NVA, qui en est à sa première participation. Test, aussi, pour le gouvernement régional wallon, où libéraux et centristes humanistes ont renvoyé dans l’opposition le puissant PS. Test, enfin, pour la Flandre, où il s’agissait de voir si la NVA allait souffrir, ou non, du passage de son statut de force protestataire à celui de parti de pouvoir.

On scrutait aussi la performance de l’extrême droite xénophobe du Vlaams Belang, littéralement aspirée par les nationalistes lors des scrutins précédents : allait-elle retrouver quelques couleurs à la faveur des débats sur la migration et de la poussée populiste ailleurs en Europe ?

Performance inédite des Verts

Les réponses à ces diverses questions se résument à un constat : la partie francophone du…