Leukocratie, Suprématisme Blanc: Le Leukocrate Extremiste Ruuben Kaalep (de Race Blanche Jurisprudence Morano) toujours plus haut dans les sondages.

Quand on évoque le cliché qui a fait dérailler pendant quelques heures la campagne de Marine Le Pen, dans la dernière ligne droite des européennes, en mai, Ruuben Kaalep ne cache pas son amusement. Jusqu’au 14 mai, personne en France n’avait jamais entendu parler de ce député estonien d’extrême droite. Un selfie, posté sur Facebook, en compagnie de la présidente du Rassemblement national, où tous les deux font le signe familier des suprémacistes blancs, lui a valu une célébrité qu’il prétend n’avoir jamais désirée.

« Le mariage gay est une idée qui nous a été imposée par l’Ouest et qui va à l’encontre de la préservation du peuple estonien. » Ruuben Kaalep

On l’a retrouvé, six mois plus tard, dans un restaurant de la vieille ville de Tallinn. Pull à col roulé noir, petite moustache et barbe châtains, Ruuben Kaalep a donné rendez-vous au Pegasus, un endroit prisé des intellectuels estoniens. Le choix n’est pas anodin pour cet ancien étudiant en histoire qui, à 26 ans, se rêve en idéologue d’un sursaut nationaliste du peuple estonien.

Le jeune député vient de rentrer de Tartu, la deuxième ville du pays, où il siège au conseil municipal depuis 2017. Il y participait à une manifestation anti-LGBT, en compagnie d’autres élus de sa formation, qui fait campagne pour l’abolition de la loi adoptée en 2016 légalisant l’union civile des couples de même sexe. « C’est une idée qui nous a été imposée par l’Ouest et qui va à l’encontre de la préservation du peuple estonien », argue-t-il, en sirotant son thé.

« Suprémaciste finno-ougrien »

Sur son profil Twitter, Ruuben Kaalep se présente comme « suprémaciste finno-ougrien » – en référence au domaine linguistique qui s’étend de la Norvège à la Sibérie occidentale en incluant la Hongrie. « Une blague », insiste-t-il. Et pourtant, quand on l’y invite, cet « ethnonationaliste » assumé ne s’arrête plus : théorie du grand remplacement, retour aux « racines identitaires », l’illibéralisme comme troisième voix pour des pays « qui pensaient qu’ils devaient choisir entre l’Ouest et l’Est » après la chute du mur de Berlin…

Le Monde