Leukocratie: Stéphane Martin, Patron du quai Branly«Nous sommes trop Blancs»(sic)

Stéphane Martin est le président de l’établissement parisien depuis sa création, en 1998. Alors qu’il quittera ses fonctions le 9 janvier, il dresse un inventaire de la vie du musée.

Le 9 janvier, après vingt et une années passées à la tête du Musée du quai Branly, Stéphane Martin quittera ses fonctions de président de cet établissement voué aux arts et civilisations d’Afrique, d’Asie, d’Océanie et des Amériques et voulu par Jacques Chirac.

A l’heure de quitter votre poste, quelle est, selon vous, l’une des grandes réussites du musée ?

Le désir d’ouverture et de tolérance que nous portons depuis les débuts de l’établissement. Nous avons toujours laissé une liberté totale aux commissaires venus de tous les horizons, avec parfois des approches et des théories totalement différentes de celles des curateurs maison. C’est une des choses dont je suis le plus reconnaissant à l’équipe de conservation du musée. Cela n’existe quasiment nulle part ailleurs.

Comment définiriez-vous la spécificité du Musée du quai Branly ?

Je pense que la première surprise aura été que l’on s’attendait à un grand musée pour les amateurs, comme le sont les départements Afrique et Océanie du Metropolitan à New York et non à un établissement très ouvert à tous les types de regards qui peuvent se porter sur les cultures non occidentales. Il est exceptionnel qu’un musée ose donner autant de place à des expositions temporaires – et des expositions dont les commissaires sont extérieurs au musée.

Sa création s’est aussi faite de manière originale…

Oui, car il n’y a pas eu d’établissement de préfiguration. Le musée a été créé, avec tous ses droits, mais sans collection, ni lieu. C’est une situation à laquelle se compare seulement celle du Centre Pompidou : une création qui n’a pas été préparée de longue date par l’administration, qui naît d’une volonté politique au plus haut niveau et qui bouscule les habitudes. Je dois dire que nous étions alors dans une période de cohabitation et que notre projet était regardé avec sympathie par Lionel Jospin, alors premier ministre, si bien qu’il y avait une sorte de pacte tacite : « Pas de crises, pas de révolution de palais à l’intérieur de votre équipe, pas de drames et tout se passera bien. »

Le MOnde