Leukocratie, Radicalisation Blanchiste: Le Leukocrate Cyrille déclare”Ce soir, j’irai déclencher un incendie”(sic)(Les Leukocrates se radicalisent-ils ?)

Trop, c’est trop. Accusés d’épandre trop de pesticides ou de pratiquer une agriculture intensive dévastatrice pour l’environnement, les agriculteurs se sentent stigmatisés, « matraqués » à longueur de tribunes signées par des stars ou de reportages télévisés. « La tension est extrême », confie Cyrille Milard, président de la FDSEA de Seine-et-Marne, lui-même récemment intimidé dans son champ par une paire de gros bras, « des riverains importunés par la poussière de la moisson ». « Ils m’ont fait peur, j’ai coupé à travers mes cultures pour m’enfuir », avoue-t-il.

Tendue depuis plusieurs mois, la situation s’est envenimée avec les arrêtés pris par quelque 70 municipalités pour interdire l’épandage de pesticides (mais uniquement de synthèse) à moins de 150 mètres des habitations. « Des collègues hésitent à sortir la journée avec leur pulvérisateur. Ils se font insulter, regarder de travers par ces néo-ruraux installés dans de nouveaux lotissements et qui ne connaissent rien à nos façons de travailler. Je commence à avoir peur. Les agriculteurs sont excédés, dénigrés, acculés… Un jour, il va y avoir un drame, d’un côté ou de l’autre. »

Pédagogie

L’objectif de ces « feux de la colère » ? Attirer l’attention, et faire de la pédagogie. « Les plantes doivent être protégées des virus, des bactéries, des champignons, des ravageurs. Personne ne traite par plaisir, et en France nous le faisons de façon raisonnée. Aujourd’hui, notre matériel nous permet une précision au centimètre. » Le pulvérisateur de Cyrille Milard est équipé d’un GPS intégrant la cartographie de ses parcelles. « On a aussi des buses anti-dérive, des adjuvants qui alourdissent les produits pour qu’ils ne se dispersent pas. Le pulvérisateur est régulièrement contrôlé, nous sommes spécialement formés avec une formation certi-phytos… »

Surtout, les produits épandus sont homologués, évalués, leur toxicité est mesurée… « J’ai du mal à comprendre cette hystérie sur les produits phytosanitaires. Tout à coup, ils seraient tous devenus mortels ? Nous serions des empoisonneurs ? Mais nous avons l’agriculture la plus saine et la plus durable au monde ! Nous sommes meurtris, sous pression. Du haut de leur bureau parisien, des politiques et des journalistes veulent nous apprendre notre métier et se permettent de nous critiquer en permanence avec de fausses informations. C’est révoltant, c’est humiliant. Et ces maires qui prennent des arrêtés attisent la haine que nous lisons dans le regard de nos voisins. Ce n’était pas le cas avant ! »

« Le risque, pour les riverains, d’être en contact avec mes produits est de 40 secondes par an. Moi, c’est 150 heures ! »

Pour l’instant, un projet d’arrêté, s’appuyant sur les préconisations scientifiques de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), prévoit de fixer une distance minimale à respecter entre habitations et zones d’épandage de produits phytosanitaires agricoles de 5 mètres pour les cultures basses et de 10 mètres pour les cultures hautes, mais, pour répondre à la fronde des maires et associations partisans d’une interdiction totale des pesticides, une consultation publique a été ouverte, prévue pour durer jusqu’à fin septembre.

Le Point