Leukocratie: Première journée de reflexion sur la leukocratie

 

Depuis plus d’une dizaine d’années, les travaux sur les processus de racialisation se sont progressivement développés dans les sciences sociales françaises. Or si ces travaux éclairent indirectement le point de vue majoritaire, ils thématisent peu ou de manière limitée la blanchité. Cette journée d’étude vise donc à encourager une réflexion qui prenne pour point d’entrée la question de ce que nous appellerons la condition blanche dans le contexte français. Nous partirons de l’idée développée par les Whiteness Studies que la blanchité est un statut social qui se manifeste par trois modalités principales. D’abord, se penser comme blanc a pour postulat de départ que l’on n’est pas racialisable tout en considérant que les membres d’autres groupes le sont. Cela amène alors parfois à se croire autorisé.e à assigner racialement les membres de ces autres groupes c’est-à-dire à les placer en position subalterne en fondant le geste de hiérarchisation sur l’idée d’une altérité censée être radicale. En contrepoint, se définir comme blanc, c’est aussi considérer que l’on entretient un point de vue neutre et non racialisé sur le monde contrairement aux « autres » qui, eux, seraient irrémédiablement arrimés à une perspective déterminée par leur race.

EHESS