Leukocratie: Nombreux cas de suicide dans l’Armée (Les Chefs sont nuls?)

Ce lundi aux alentours de 9h30, le corps d’un garde républicain a été retrouvé sans vie dans les jardins de Matignon. Agé de 45 ans, il était marié et père de deux adolescentes. Si la thèse du suicide, privilégiée, venait à être confirmée, il serait le 31e gendarme à se donner la mort depuis le début de l’année. En l’état, le parquet de Paris a chargé l’Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN) de mener l’enquête pour établir les causes de la mort du garde républicain. Si les motivations du gendarme, qui était affecté au service de vidéo surveillance du commandement militaire, restent pour le moment indéterminées, ce drame, inédit dans l’histoire de Matignon, intervient néanmoins dans un contexte très particulier.

En août 2018, les gendarmes de la compagnie de sécurité de l’hôtel de Matignon (CSHM) avaient adressé un courrier anonyme de 19 pages à leur hiérarchie pour dénoncer le “profond malaise” des effectifs, leur “trop grande fatigue morale et physique liée à une surcharge de travail sans cesse croissante”.

Enquête interne à la compagnie

Après la publication d’extraits de ce courrier par “l’Essor” début octobre, la gendarmerie nationale avait alors indiqué qu’une “mission d’évaluation” avait été diligentée par son directeur général, le général Richard Lizurey, auprès de l’inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN). Les conclusions de cette “mission d’évaluation” devaient être rendues le 12 octobre. 

Selon nos informations, le gendarme retrouvé mort lundi dans les jardins de Matignon n’avait pas été identifié comme un élément “en souffrance” au sein de la compagnie. A ce titre, il n’aurait donc pas été entendu dans le cadre de l’enquête interne confiée à l’IGGN. Ce que regrette Frédéric Le Louette, le président l’association Gend21, l’association professionnelle nationale des militaires de la gendarmerie du XXIe siècle, auprès de “l’Obs” :

“Une enquête approfondie avec l’audition de l’ensemble du personnel aurait peut-être permis de détecter davantage de situations problématiques, y compris d’ordre familial, chez les gendarmes. De plus, le choix symbolique de se donner la mort sur son lieu de travail semble souligner le lien qui peut exister entre une problématique d’ordre privé et un contexte professionnel compliqué.”

Nouvelobs