Leukocratie: l’imposture de l’art con-tempo-rien

L’art contemportain s’est transformé en “financial art” : voilà la thèse de l’essai de l’historienne Christine Sourgins. Décapant !

Avec ce nouvel essai, l’historienne Christine Sourgins entreprend de démythifier ce qu’il est usuel d’appeler l’art contemporain. Spécialiste reconnue, elle démontre que le nom lui-même prête à confusion, car cette forme d’art est ancienne. La première oeuvre pouvant y être rattachée est le célèbre urinoir de Marcel Duchamp qui fut exposé pour la première fois en 1917.  

Marcel Duchamp est d’ailleurs un des personnages centraux du livre comme initiateur de ce courant qui se veut révolutionnaire à la fois sur le plan esthétique et sur le plan politique. Flirtant avec l’extrême gauche, les tenants de l’art contemporain prétendent s’abstraire des règles d’un art convenu qui trouverait ses défenseurs dans la classe dominante. Adam Smith, qui en tant que philosophe, a laissé des écrits d’esthétique, disait qu’une oeuvre d’art est l’imitation de la nature par des auteurs au talent inimitable. 

 
 

Bienvenue dans l’ère du “financial art”

L’art contemporain assume l’inverse : c’est un refus de toute référence, conduisant à une production très imitable par sa simplicité, pour ne pas dire sa banalité. Dès lors, devient artiste celui qui est adoubé par un réseau de spécialistes autoproclamés. Ce réseau fédère des critiques, des collectionneurs, dont les choix reposent moins sur leur goût que sur les anticipations qu’ils font de l’évolution du prix des oeuvres, et des fonctionnaires du ministère de la culture, particulièrement influents en France.

L’Express