Leukocratie, Leukodécadence: L’autriche veut annexer une région Italienne (la Blancrope, ça fonctionne…)

FOCUS – Vienne entend permettre à certains citoyens italiens parlant allemand d’obtenir la nationalité autrichienne. Très hostile à la mesure, Rome a boycotté une rencontre bilatérale. Ce différend ravive une opposition ancienne entre les deux pays autour de la région du Haut-Adige, autrichienne pendant des siècles.

L’heure est à la brouille entre l’Italie et l’Autriche autour du Haut-Adige. La région vous est inconnue? Elle n’est certes pas très grande, mais incarne pourtant une partie des tensions nationalistes qui peuvent exister en Europe. Le désaccord entre les deux pays sur cette question a été jusqu’à pousser le ministère italien des Affaires étrangères à annuler, cette semaine, une rencontre bilatérale prévue à Vienne avec son homologue autrichien.

Cette province du Nord-Est de l’Italie, dont la principale ville est Bolzano, est également appelée Tyrol du Sud. Ou Südtirol en allemand. La précision a son importance: sur ce territoire, sept habitants sur dix sont germanophones, selon un recensement de 2011. Ce multilinguisme s’explique par le fait que cette région fut autrichienne pendant des siècles. C’est bien là le nœud des tensions: Vienne entend proposer un passeport autrichien à ces citoyens italiens parlant allemand. Et ravive, par là, des décennies de frictions.

Le Haut-Adige est composé des provinces de Bolzano et de Trente, les deux principales villes de la région.
Le Haut-Adige est composé des provinces de Bolzano et de Trente, les deux principales villes de la région. ©Mapbox OpenStreetMap – Le Figaro

La région, qui regroupe aujourd’hui 500.000 habitants, a été rattachée à l’Italie à l’issue de la Première Guerre mondiale. Intégrée auparavant à l’empire d’Autriche-Hongrie jusqu’à sa division, en 1918, la zone est passée sous administration italienne en contrepartie de l’engagement italien dans le conflit. Le pays revendiquait le territoire de longue date, au cœur des routes commerciales alpines. Le gouvernement prévoyait initialement de laisser une large autonomie à la région, mais l’arrivée au pouvoir de Mussolini en 1922 a changé la donne. Le dictateur mène une politique d’«italianisation» de la région, tandis que ses partisans et ceux d’Hitler s’y déchirent.

 

Le Figaro