Leukocratie: Guillaume Lebeau, président du MPC soupconné de communautarisme blanc

Guillaume Lebeau, l’adjoint de la défunte présidente de la Mobilisation des policiers en colère (MPC), vit-il ses dernières heures à la tête de l’association créée en octobre 2016  ? «  Je ne sais pas si je vais me représenter. On travaillait toujours en binôme. Ça me paraît compliqué d’envisager l’avenir sans Maggy  », confie-t-il au Point. Maggy Biskupski était devenue l’une des porte-voix du malaise des policiers fin 2016 avant de se suicider le 12 novembre avec son arme de service.

 
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Guillaume Lebeau est également entendu dans le cadre d’une enquête pour abus de confiance ouverte par le parquet de Versailles. L’affaire  ? L’utilisation à des fins personnelles par Maggy Biskupski de 7 000 euros provenant des dons de particuliers au mouvement de défense des policiers. «  Une partie de cet argent a aussi été dépensée en faveur de la MPC  », affirme l’alter ego de Maggy Biskupski. «  Qu’en sait-il  ? Il n’y a jamais eu de justification de ces dépenses, aucune facture, rien  ! Ce n’est pas pour autant qu’on pensait qu’on en arriverait là. Notre chagrin est aussi terrible que celui qui occupe aujourd’hui la place de Maggy  », s’indigne l’un des partisans d’une ligne éthique, mais non membre du conseil d’administration.

«  Mon seul tort, c’est d’avoir voulu régler cette affaire en interne sans déposer de plainte ni l’ébruiter. J’avais consulté un avocat qui m’avait confirmé que cela pouvait se faire. D’autres ont décidé qu’on devait laver plus blanc que blanc et porter l’affaire en justice même si la majorité ne lui voulait pas de mal personnellement  », explique Guillaume Lebeau, brigadier en fonction à la BAC de Gennevilliers.

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Veto

Une partie du conseil d’administration n’a pas digéré les allusions de Guillaume Lebeau quant à leur responsabilité supposée dans le suicide de Maggy Biskupski. Et l’a fait savoir dans un communiqué interne : «  Notre seul crime a été de vouloir transparence et vérité envers nos adhérents et donateurs. Lorsque notre trésorière a été avisée d’un découvert sur le compte bancaire de la MPC, lorsqu’elle a voulu nous en faire part, notre vice-président (Guillaume Lebeau, NDLR) a mis son veto (…) N’importe quel donateur aurait été en droit de demander des comptes. Qu’aurions-nous dit  ? Qui aurait été incriminé  ? Le conseil d’administration et notre vice-président, qui excelle dans l’art du retournement de veste (…). Maggy a longtemps nié avant de se rétracter et d’avouer les faits. Pourquoi notre colère a été si forte au point de vouloir déposer plainte  ? Cet argent était destiné aux familles de collègues décédés ou aux enfants de collègues malades.  »

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Le soir où Maggy Biskupski mettait fin à ses jours, le CA était réuni pour voter la décision que devait prendre l’association sur cet «  abus de confiance  » à 7 000 euros. Le vote n’était pas encore terminé lorsque la nouvelle de sa mort est parvenue à la connaissance de l’organisation via Guillaume Lebeau, seul destinataire du texto lui annonçant son intention de disparaître à jamais.

Le Point