Leukocratie, Défaite: Vers l’indépendance de la Kanakye

« Ça n’est pas une simple date, et ça n’est pas une date simple à fixer. » Le deuxième référendum sur l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie aura lieu le 30 août ou le 6 septembre 2020, a annoncé vendredi 11 octobre le premier ministre, Edouard Philippe, à l’issue de quinze heures de discussions avec les leaders indépendantistes et loyalistes calédoniens, à Matignon.

La date exacte sera décidée dans les quinze prochains jours, « afin que nous soyons en mesure de garantir la mobilisation des moyens équivalents » à ceux engagés lors du premier scrutin et « afin que les conditions matérielles du scrutin soient aussi irréprochables », a-t-il précisé.
onvaincus que le temps leur permettra de gagner des voix, les indépendantistes dont le score en 2018 (43,3 %) avait largement dépassé les prévisions des sondages, défendaient un référendum « le plus tard possible », au mois de novembre 2020, alors qu’à l’inverse dans le camp non indépendantiste, l’Avenir en confiance réclamait un second référendum dès juillet, arguant notamment d’une économie locale « dans l’incertitude » en raison de ces échéances électorales.

« Le premier ministre a coupé la poire en deux », a reconnu, pour le camp indépendantiste, Roch Wamytan, président du Congrès (Union calédonienne-FLNKS).

Des précisions sur un troisième référendum

Quant au troisième référendum possible prévu par l’accord de Nouméa (dans les deux ans qui suivent une éventuelle nouvelle victoire du non à l’indépendance), « nous avons exclu que cette troisième consultation puisse être organisée entre le milieu du mois de septembre 2021 et la fin du mois d’août 2022 », afin de « bien distinguer les échéances électorales nationales et celles propres à l’avenir de la Nouvelle-Calédonie », a précisé Edouard Philippe.

Une satisfaction pour le député Philippe Gomès (Calédonie ensemble, non indépendantiste, centre droit), qui craignait de voir se tenir ce dernier référendum « en plein cœur de l’élection présidentielle avec des risques majeurs d’instrumentalisation politique nationale ».

Le sort des électeurs non kanaks tranché

Concernant la question du corps électoral, sujet sensible qui crispait les deux parties, il a été acté que les électeurs de statut de droit commun (non kanaks) nés en Nouvelle-Calédonie et qui y résident depuis plus de trois ans, ne seront pas, comme lors du précédent scrutin, inscrits automatiquement sur la liste électorale spéciale pour le référendum.

Le Monde