Leukocratie, Défaite: Les Leukocrates Autrichiens virés du Gouvernement

Le divorce entre la droite et l’extrême droite a pris un tournant de nouveau spectaculaire, lundi 20 mai, en Autriche. Face aux critiques de l’opposition sociale-démocrate, libérale et écologiste, qui jugeait inenvisageable que le FPÖ (Parti de la liberté d’Autriche, extrême droite) occupe le portefeuille de l’intérieur jusqu’aux élections législatives anticipées, prévues en septembre, le chancelier conservateur (ÖVP, Parti populaire autrichien) a fait le choix de limoger Herbert Kickl, le titulaire du poste. Il s’agit d’une première en Autriche. Mais c’était « la seule chose à faire » selon Sebastian Kurz, 32 ans, pour assurer la « stabilité » du pays et limiter les « dégâts » en termes d’image à l’international.

M. Kickl était secrétaire général du FPÖ en juillet 2017, lorsque le tribun Heinz-Christian Strache, qui a démissionné samedi, a été piégé à Ibiza, en train de proposer des contrats publics à une oligarque russe, en échange de financements occultes et du rachat du plus gros journal autrichien. Il est donc « clair qu’il ne peut enquêter sur lui-même », a déclaré M. Kurz. Herbert Kickl était par ailleurs tenu à distance par ses homologues occidentaux.

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Le FPÖ reste dans le jeu

Sebastian Kurz entendait nommer une personnalité indépendante à l’intérieur, issue de la société civile. Mais immédiatement après l’annonce de sa décision, le FPÖ a décidé du retrait de tous ses autres ministres (défense, affaires étrangères, infrastructures et travail), sans attendre la tenue du scrutin à venir. Il menace désormais de soutenir une motion de défiance, proposée par le petit parti écologiste JETZT, afin de renverser le chancelier et de l’empêcher de gouverner, jusqu’à ce que les Autrichiens votent à nouveau.

Ils n’entendent pas laisser Sebastian Kurz incarner seul le pouvoir et l’attaquent frontalement. D’autant plus qu’ils sont confortés par un premier sondage effectué depuis que le scandale a éclaté. Publié lundi, il montre qu’une partie de leur électorat s’est reportée sur M. Kurz, qui progresse à 38 %, mais que le FPÖ n’est absolument pas disqualifié par les agissements de son ancien leader : il se maintient à 18 %, ce qui lui permet de rester dans le jeu. Car le passage au pouvoir d’Herbert Kickl lui aura permis de se rendre populaire auprès de la frange la plus radicale de l’électorat, qui loue l’énergie déployée pour rendre effectives les mesures contre l’immigration et la sécularisation de l’islam. Par ailleurs, M. Strache a été remplacé par Norbert Hofer à la tête du FPÖ et l’ancien candidat à la présidentielle est très populaire.4

Le Monde