Leukocratie, CommunauBlanchisme: Comment souhaite-t-on une bonne année dans votre région?

En Basque on dit Urte Berri On, en Alsacien, «Bonne glisse», et en Corse, «La paix et la Santé» pour se souhaiter une bonne année. Malgré le centralisme français, les langues régionales continuent de consteller l’Hexagone. Les formules des fêtes de fin d’année sont leur meilleure oriflamme. Alors que 2019 a tiré sa révérence, Le Figaro vous propose de fêter, comme il se doit, la nouvelle année dans la langue de votre région. Florilège de ces pépites linguistiques qui étoilent le vocabulaire national.

● Bon bout d’an à Marseille

 

Au milieu des cigales et des clapotis marins, il est courant d’entendre quelques semaines avant le changement d’année la formule «Bon bout d’an!» dans la cité phocéenne. Une expression poétique, lorsque celle-ci est tournée avec l’accent marseillais, qui peut parfois se retrouver accompagnée de la locution: «et à l’an que ven», qui signifie en provençal «à l’année prochaine!».

● A Güata Rutsch en alsacien

 

Littéralement «bonne glisse!». Les Alsaciens ont non seulement la flammekueche mais ils ont le sens de la formule. Avec ou sans neige, ils se souhaitent donc chaque année «une bonne glisse», comme au ski, pour signifier leur désir de passer douze mois paisibles.

Outre cette expression hivernale, les Alsaciens peuvent également s’échanger un plus conventionnel «a glicklig nèi Johr», à savoir bonne année. Reste à maîtriser la prononciation…

 

● Bona annada en occitan

L’expression semble d’origine espagnole, pourtant elle provient de l’occitan. L’ancienne langue parlée dans le sud-ouest de la France recoupe aujourd’hui six dialectes. Il est d’usage de se souhaiter en Provence la locution «Bona Annada», signifiant littéralement «bonne année». À l’instar de l’expression marseillaise, la formule peut être suivie d’un complément: «plan granada e de maitas acompanhada» à savoir: «une bonne année fructueuse et accompagnée de bien d’autres encore».

L’expression possède aussi sa variante prononcée le soir du 31 décembre: «a l’an que ven que se siam pas maï que siguèm pas men». En français: «À l’année prochaine! Que si nous ne sommes pas plus, nous ne soyons pas moins!»

● Urte Berri On en basque

Les vœux de fin d’année ont également leur équivalent en basque ou plus précisément en euskera, forme unifiée de tous les parlers dans la région. Il est ainsi commun de souhaiter un Urte Berri On prononcé «Urté Berri Onne» pour fêter le nouvel an dans le sud de la France. Urte pour «an», berri pour «nouvel» et on pour «bon».

● Bloavezh mat en breton

Breiz atao. Les Bretons ne sont pas en reste sur les voeux de fin d’année. Ainsi se souhaitent-ils couramment un Bloavezh Mat ou Bloavezh Mad. Une manière bien à eux de transmettre le parler celtique dans la région. Aujourd’hui ils sont plus de 200.000 à échanger en breton régulièrement, indique l’Office Public de la Langue Bretonne.

● Boène Énée en picard

L’expression fait sourire. Ses allitérations la font ressembler à un jeu de mots enfantin et pourtant la locution picarde est on ne peut plus sérieuse. On ne plaisante pas avec les voeux du nouvel an! Ainsi peut-on entendre les habitants de la région s’échanger des «boène énée», des «boinne énée» ou encore des «boinne inée».

● Bonne année à tertous en ch’ti

En ch’ti, la formule est la même qu’en picard avec une nuance tout de même: le «à tertous» qui suivra la Bonne année! On peut également dire «bonne année tertous». Peu importe finalement la prononciation, du moment que le message est chaudement partagé.

● Pace e salute a tutti en corse

Paix et santé à tous. En Corse, on pense avant tout à la sérénité et à l’équilibre de son prochain à l’approche du nouvel an. Est donc courant de s’échanger des vœux de prospérité pour se souhaiter la bonne année. Outre l’expression, les habitants de l’île de Beauté peuvent également s’échanger un «bon dì, bon annu e bon capudannu», littéralement: «bonne journée, bonne année et bon début d’année».

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