Leukocratie: c’est dure pour une blanche d’être élue

Le 6 novembre, les Américains sont appelés aux urnes pour les élections de mi-mandat. Deux fois par semaine, «Libération» fait le point sur ces midterms, leurs visages et leurs multiples enjeux.Cette semaine, la candidate républicaine Diane Harkey, la «dark money» et un mur.Brushing parfait et collier de perles au cou, à 67 ans, Diane Harkey entrevoit de dures semaines devant elle. Pour le scrutin du 6 novembre, elle espère garder le 49e district du Congrès en Californie dans le giron du parti républicain (GOP). Bien que ce siège à la Chambre des représentants soit occupé depuis 2000 par Darrell Issa, un tenant de la frange dure du GOP qui soutient Harkey, les Démocrates pourraient rafler la mise cette année. Pour la présidentielle de 2016, Hillary Clinton a devancé Donald Trump de 7 points, après près de deux décennies à voter républicain aux présidentielles pour ce district côtier au nord de San Diego. Le candidat démocrate, l’avocat Mike Levin, a, pour l’instant, levé beaucoup plus de fonds que son adversaire : environ 2,6 millions de dollars contre 700 000 dollars (selon les derniers chiffres disponibles).

Diane Harkey doit en plus faire face à la difficulté d’être une candidate femme dans le camp républicain. Avec le passé du président Trump, accusé par plus de 20 femmes de conduites sexuelles répréhensibles et qui a été élu avec le plus grand écart entre votes féminins et masculins jamais enregistré, la républicaine essaye de se distancier de la Maison blanche. «J’aimerais voir le président twitter moins et gouverner un peu plus», a-t-elle même déclaré dans une interview. Ironiquement, c’est par un tweet que Trump lui a signifié son soutien.

Alors que cette élection de mi-mandat ne voit que 14 % de femmes parmi les candidats du GOP, du côté démocrate c’est l’explosion, avec environ un tiers de représentantes féminines. «[Trump] rend les femmes mal à l’aise», a aussi admis Harkey qui sait que son district s’est éloigné de la ligne dure de son prédécesseur. Naviguant entre deux eaux, la candidate, ancienne élue de l’Etat de Californie, soutient tout de même certaines mesures emblématiques du locataire de la Maison blanche, notamment la construction d’un mur à la frontière sud avec le Mexique. Elle vient d’ailleurs d’obtenir le soutien du National Border Patrol Council (NBPC), un organisme de représentation de 18 000 gardes-frontières américains.

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