Leukocratie, Blanc-Rope: 2 Blanches proposées à la tête de la commission Européenne

Un accord a été trouvé mardi soir entre les 28 sur les «tops jobs» de l’Union européenne. L’actuel premier ministre belge Charles Michel va hériter de la présidence du Conseil européen tandis que le poste de Haut représentant pour les Affaires étrangères sera confié à l’Espagnol Josep Borrell.

Après des jours de blocage, un accord a finalement été trouvé mardi sur les nominations au sommet de Bruxelles. Deux femmes devraient accéder à des postes clés : une ministre allemande, Ursula von der Leyen, à la Commission européenne, et Christine Lagarde à la Banque centrale européenne, a annoncé le président du Conseil, Donald Tusk. Selon plusieurs sources, le nom de l’actuelle ministre allemande de la Défense, qui a occupé plusieurs ministères dans des gouvernements de droite, a été proposé par le président Emmanuel Macron. Sa candidature a reçu dans l’après-midi le soutien des quatre pays de Visegrad (Hongrie, Slovaquie, République Tchèque, Pologne) dans un tweet du porte-parole du gouvernement hongrois Zoltan Kovacs. «Je suis honorée d’avoir été nominée à la présidence de la BCE», a pour sa part déclaré Christine Lagarde sur Twitter, qui va quitter «provisoirement» la tête du Fonds monétaire international (FMI).

 
 

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Cette proposition est susceptible de mettre un terme aux profondes divisions entre les dirigeants européens sur la nouvelle équipe amenée à diriger l’UE. Le ticket von der Leyen/Lagarde permettrait à la France et à l’Allemagne d’obtenir chacune un poste européen d’envergure, et à la droite européenne de conserver la tête de la Commission. En outre, il respecterait la parité souhaitée par des leaders européens pour les postes de pouvoir. L’actuel premier ministre libéral belge Charles Michel va lui hériter de la présidence du Conseil européen tandis que le poste de Haut représentant pour les Affaires étrangères sera confié l’Espagnol Josep Borrell, 72 ans, qui revient ainsi au premier plan sur la scène européenne. Cette nomination à Bruxelles est une consécration pour le socialiste à la chevelure blanche qui avait signé son retour aux affaires l’an dernier comme ministre des Affaires étrangères du socialiste Pedro Sanchez après plusieurs années passées loin de la politique.

Impopulaire

Médecin de formation, mère de sept enfants, Ursula von der Leyen avait un temps été pressentie pour succéder à Mme Merkel. À 60 ans, cette native de Bruxelles, polyglotte – elle parle couramment français et anglais – est cependant impopulaire en Allemagne, en raison d’un bilan controversé au ministère de la Défense. Après une nuit de marchandages stériles entre dimanche et lundi, les 28 se sont promis de tomber d’accord pour éviter de prêter le flanc aux attaques des populistes en offrant l’image d’une Europe divisée. Dans la matinée de mardi, un compromis soutenu par l’Allemagne, la France, l’Espagne et les Pays-Bas, pourtant en passe de faire consensus ce week-end, semble avoir été définitivement enterré, selon plusieurs sources proches des discussions. Il s’agissait de nommer le social-démocrate néerlandais Frans Timmermans à la Commission, l’Allemand Manfred Weber, chef de file du PPE (droite) au Parlement, et un couple PPE-libéral pour le Conseil et le Haut représentant.

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Mais les quatre pays du «groupe de Visegrad» se sont frontalement opposés au Néerlandais, responsable, en tant que premier vice-président de la Commission, de procédures de sanctions contre la Pologne et la Hongrie pour des accusations de violations de l’État de droit. «Il n’aime pas nos régions», a lancé à son arrivée le président tchèque Andrej Babis, jugeant «inacceptable» cette nomination. D’autres pays – Irlande, Lettonie, Croatie, selon une source européenne – ont rejeté cette combinaison conclue sans eux, signe que ces arrangements entre amis, fût-ce par le couple franco-allemand, ne suffisent plus pour emporter l’adhésion. «Tout le monde doit comprendre qu’il faut bouger un peu. Et je dis bien tout le monde», a déclaré Angela Merkel mardi.

Le sommet avait été interrompu lundi à la mi-journée, avec un nouveau rendez-vous le lendemain matin, rare décision qui a contraint 28 chefs d’Etat et de gouvernement à chambouler leur agenda. Le président français Emmanuel Macron s’était emporté lundi contre cet «échec», qui donne «une très mauvaise image de l’Europe, une image pas sérieuse». Le renouvellement de ces postes est rendu complexe par le morcellement du paysage politique européen. Les élections de mai ont vu le tandem PPE et social-démocrate perdre le contrôle de la majorité qu’il détenait au Parlement européen. La situation n’est pas pire qu’en 2014, où il avait fallu trois sommets pour attribuer la présidence de la Commission à Jean-Claude Juncker (PPE), qui quittera son poste le 31 octobre.

Le Figaro