Leuko-Suffisance, Militaro-Blanchisme: Une Affiche de propagande Leukocrate dans un Centre de Recrutement de l’armée

« Malaise » d’une jeune recrue et d’un militaire, à la vue d’une grande affiche de propagande pour les Troupes coloniales placardée sur la porte d’un bureau de recrutement, en plein cœur du nouveau Centre d’information et de recrutement des forces armées (Cirfa) qui a récemment ouvert ses portes à Saint-Denis, Porte de Paris.

LIRE AUSSI > L’armée veut recruter davantage dans le 93

Le document « vintage » à la gloire de ces unités militaires françaises autrefois stationnées dans les anciennes colonies, s’adresse aux engagés métropolitains et par la même occasion, aux jeunes de Seine-Saint-Denis qui découvrent les lieux pour la première fois.

La promesse d’exotisme « intrigue » quelques jeunes postulants

« Engagez-vous dans les troupes coloniales […] peut-on lire sur l’affiche aux couleurs pastel. Au cours de votre contrat vous ferez obligatoirement un séjour dans les colonies lointaines, en principe après votre 6e mois de service. » Des palmiers, un chameau, un militaire originaire de l’hexagone, casque de colon visé sur la tête écoutant attentivement un indigène tirailleur… La promesse d’exotisme « intrigue » quelques jeunes postulants, mais ne choque pas la grande majorité des militaires ni la ministre de la Défense, Florence Parly, qui a visité les locaux le 15 novembre dernier.

 

Saint-Denis. L’affiche en question…/LP/M.F.
Saint-Denis. L’affiche en question…/LP/M.F.  

« Pour les recruteurs, il s’agit d’une affiche historique qui sert tout simplement à décorer, défend, droit dans ses bottes, le Colonel et responsable de recrutement en Ile-de-France et en Outre-Mer, Cyril Leprêtre. La France est une vieille nation qui s’ancre dans cette histoire. C’est une fierté d’avoir eu des troupes coloniales. Aujourd’hui, c’est l’infanterie de Marine qui sert hors métropole, il n’y a rien de péjoratif ici. »

Cette déco d’un autre temps n’a pas nui au recrutement puisque depuis le début de l’année, 110 recrues ont rejoint l’armée de terre. Parmi eux, Olivier, 21 ans, et Nelson, 23 ans, s’engagent pour « aller au combat et découvrir différents métiers tout au long d’une même carrière ».

« De nombreux candidats, et bien plus qu’ailleurs, ont des casiers judiciaires »

Cyril Leprête, lui, espère arriver à « 160 recrues » au total d’ici à la fin du mois de décembre. C’est un peu moins que les projections du ministère des armées, qui tablait sur 200 recrutements. (contre 290 dans l’Essonne, et 250 dans les Hauts-de-Seine).

Dans le détail, parmi ces 110 nouveaux venus, « 65 % des candidats ont intégré des régiments d’infanterie ou de cavalerie. Ceux-là iront au combat. Environ 20 % dans les corps de soutiens et de logistiques et 15 % ont désormais leur place chez les sapeurs-pompiers de Paris. »

Comment expliquer ces difficultés de recrutement en Seine-Saint-Denis, alors que 43 % de la population du département a entre 15 et 29 ans, ce qui en fait le département le plus jeune d’Ile-de-France.

 

Le Parisien