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De l’irritation à l’infection vaginale

Même si le coucher de soleil rend le cadre idyllique pour un ébat aquatique, l’après coït risque d’être désagréable voire douloureux pour la femme. «En réalité, c’est la muqueuse vaginale qui est irritée. C’est la même sensation que lorsque l’on sort de la piscine et que l’on a la peau sèche et tendue», illustre le Dr Jean-Marc Bohbot, infectiologue à l’Institut Alfred Fournier et auteur de Microbiote vaginal : la révolution rose (1). «En revanche, si vous faites l’amour dans l’eau une seule fois pendant vos vacances, il n’y a pas vraiment de danger», relativise le Dr Jacques Waynberg.

Dans le cas de rapports répétés, ces derniers peuvent, au-delà de l’irritation, mener à des infections. «Vous risquez de modifier le PH de la muqueuse vaginale et de fragiliser la flore», avertit le gynécologue et sexologue. Pour rappel, la muqueuse est protégée par un film protecteur appelé «mucus». «En présence d’eau salée ou chlorée, il est altéré. Cela peut irriter les parties intimes et conduire à une infection si ces irritations sont répétitives», explique le Dr Bohbot. À la clef ? Vaginites, mycoses ou encore vaginoses bactériennes, mettent en garde les médecins.

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De manière générale, il faut bien comprendre que l’eau, même sans chlore ni sel, reste un ennemi du sexe féminin. L’appareil génital de la femme a un système d’auto-nettoyage complexe et fragile, assuré par les bacilles de Dörderlein. «Ce sont des bactéries relativement fragiles et facilement irritées par l’eau en général. S’il y a trop de pénétrations, on en revient à faire un lavage vaginal, les bacilles de Dörderlein tendent alors à disparaître, ce qui laisse place aux microbes et crée des infections», renseigne le Dr Waynberg.

Et le jacuzzi dans tout ça ? Si son eau n’est ni salée, ni chlorée, elle est chauffée, ce qui est «pire», alerte le Dr Bohbot. L’eau chaude, «est très agressive pour la muqueuse. Il n’y a pour l’instant aucune étude qui le confirme, mais on la soupçonne d’entretenir facilement le développement des bactéries, des champignons et des virus», prévient l’infectiologue