Le Rapport de Force Change: White Trump admet sa défaite en Syrie

Trump ordonne le retrait des soldats US déployés dans le nord syrien. Tant pis pour les Kurdes; tant mieux pour la Russie et l’Iran.

Vous avez aimé le “Mission accomplie !” claironné le 1er mai 2003 par George W. Bush sur le pont du porte-avion nucléaire USS Abraham-Lincoln, inspiré alors par la chute du tyran irakien Saddam Hussein ? Vous adorerez le “Nous avons gagné” tweeté mercredi en version vidéo par Donald Trump ; lequel a, contre l’avis de tous ou peu s’en faut, ordonné le retour au pays des 2000 soldats américains déployés dans le nord de la Syrie.  

Pas plus que l’incantation de Bush Jr ne mit voilà quinze ans un terme au chaos dans l’ancienne Mésopotamie, la prétendue victoire revendiquée par l’ex-magnat de l’immobilier ne sonne le glas de l’Etat islamique (EI). Certes, Daech a perdu, exception faite de quelques îlots, ses sanctuaires territoriaux dans l’espace irako-syrien. Mais sa capacité de nuisance demeure, comme l’atteste, au Moyen-Orient et ailleurs, la permanence du péril terroriste. 

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Des soldats américains à Minbej le 22 mars 2018. Cette ville, contrôlée par des miliciens kurdes, pourrait être l”une des cibles prioritaires d’une offensive turque.

afp.com/Delil souleiman

 
 

L’éternelle trahison des Kurdes

Une certitude : ce coup de théâtre enrichit un piteux feuilleton made in USA : la trahison des Kurdes. En 1991, déjà, après avoir incité à l’insurrection, sur fond de “Tempête du désert”, les peshmergas irrédentistes du Kurdistan d’Irak, Washington avait lâché ses “protégés” au nom des impératifs de la Realpolitik. Cette fois, le locataire de la Maison Blanche livre les alliés de la milice YPG, ou Unités de protection du peuple, engagée dans le nord de la Syrie contre les djihadistes de l’EI, à la vindicte du reis turc Recep Tayyip Erdogan

Lequel rêve d’élargir la “zone de sécurité” instaurée au canon sur son flanc sud et a juré le 17 décembre pour la énième fois de se “débarrasser” de combattants relégués au rang de “terroristes”. Si, dans un tel contexte, Trump avait voulu jeter les rebelles Kurdes dans les bras de Bachar el-Assad, il ne s’y serait pas pris autrement. Au passage, on notera que l’administration républicaine s’accommode de plus en plus explicitement du maintien au pouvoir du criminel de guerre alaouite. 

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Dans mes bras… Le président russe Vladimir Poutine (à g.) étreint son homologue syrien Bachar al-Assad, lors d’une rencontre à Sotchi, le 20 novembre 2017.

afp.com/Mikhail KLIMENTYEV

Ineptie stratégique

Les volte-face de Trump sur l’imbroglio syrien depuis la campagne électorale de 2016 ont de quoi donner le tournis. Mais ce coup d’éclat mérite de figurer en bonne place dans une Anthologie des inepties géopolitiques. Car le 45e président des Etats-Unis, sourd aux mises en garde de son entourage, y compris à celles de son secrétaire à la Défense Jim Mattis, offre ainsi à ses ennemis supposés un cadeau de Noël inespéré. La Russie a désormais plus que jamais les mains libres dans son protectorat levantin ; et le successeur de Barack Obama se prive sans contrepartie d’un instrument de pression sur l’Iran, sa bête noire. Il y a plus paradoxal encore : comme le soulignent les Forces démocratiques syriennes, le partenaire n°1 de la coalition antidjihadiste, un tel repli offre à Daech l’occasion de se reconstruire, voire de déclencher une nouvelle offensive. “Cette erreur, prophétise le sénateur républicain de Floride Marco Rubio, hantera l’Amérique pendant des années.”