Le Rapport de Force Change: Le Vrai Visage de Toutankhamon

Un demi-siècle après une première venue des trésors du pharaon en France, 150 pièces seront exposés du 23 mars au 15 décembre 2019. Sans être les objets les plus emblématiques trouvés dans le tombeau, un tiers d’entre eux n’avait jamais quitté l’Égypte jusque là.

En 1922, quand l’éternelle demeure de Toutânkhamon est découverte, les morts successives des visiteurs du tombeau firent croire à une malédiction pour quiconque s’approcherait du fabuleux trésor. Paris s’apprête à accueillir du 23 mars au 15 septembre 2019, 150 œuvres issues de la tombe du célèbre pharaon. L’exposition, sobrement intitulée «Le Trésor du Pharaon», sera visible à la Grande Halle de la Villette. Pour plus d’un tiers d’entre elles, leur présentation en dehors d’Égypte est inédite.

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Paris est la deuxième étape du parcours, actuellement montrée à Los Angeles, qui devrait l’emmener dans dix métropoles au total. Si Londres et Zurich sont aussi programmés, la liste des étapes de la vaste exposition n’a pas été précisée. Organisé par le ministère des Antiquités égyptiennes, l’événement est coproduit par IMG, leader mondial de l’événement sportif et de mode qui règne sur plus de trente pays.

«Dans le cadre du centenaire de la découverte du tombeau, l’Égypte fait voyager 150 chefs-d’œuvre en tournée mondiale. Nous vous invitons à les découvrir avant qu’ils ne retournent pour toujours en Égypte», a déclaré, solennelle, Mostafa Waziry, le secrétaire général du Conseil suprême des antiquités.

«Seulement 23 objets de taille conséquente et 143 autres petits», a détaillé Zahi Hawass en charge de l’opération. «Aucun n’est considéré comme un chef-d’œuvre», a-t-il précisé. Le masque funéraire du jeune pharaon ne quittera pas Le Caire. Le trône, les momies et sarcophages demeurent également en Égypte. Des objets aussi précieux qu’ils sont fragiles.

C’est une «chance unique pour nous», s’est tout de même réjoui l’égyptologue et universitaire Dominique Farout, conseiller scientifique de l’exposition. Une opportunité liée au «transfert d’une partie des collections du musée du Caire de la place el-Tahrir vers le Grand Musée Égyptien de Gizeh, qui devrait ouvrir ses portes dans quatre ans», a-t-il continué. Les bénéfices financiers permettront de soutenir le grand musée actuellement en construction à 2,5 km des pyramides de Gizeh, ainsi que les sites archéologiques en Égypte.

La vaste exposition livrera aux yeux du public bijoux en or, gravures, sculptures, objets rituels. Parmi eux: un cercueil miniature à l’effigie du pharaon, une spectaculaire statue à taille réelle du souverain et un lit funéraire en bois doré. Le Louvre, qui a une importante collection égyptienne, soutiendra l’exposition avec le prêt d’une œuvre et un parcours dédié dans ses salles.

Bande-annonce de l’exposition californienne du «Trésor du Pharaon»

Le tombeau intact du pharaon avait été découvert en 1922 par l’archéologue et égyptologue britannique Howard Carter dans la Vallée des rois, près de Louxor. Sépulture inviolée depuis 3.300 ans, les trésors qu’elle renferme livrent des secrets sur la vie des Pharaons et offre des merveilles resplendissantes.

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En 1976, «Ramsès II» au Grand Palais avait permis une sortie d’Égypte des objets de la tombe illustre. Mais l’exposition de mars 2018 rappelle surtout, cinquante-deux ans plus tard, «l’exposition du siècle», comme on l’a surnommée à l’époque: en 1967, André Malraux, alors ministre de la Culture, inaugure en grande pompe l’exposition «Toutânkhamon et son temps». Seuls 45 objets sont présentés. Mais 1.241.000 visiteurs viennent les admirer.

Le Figaro