Le Paradis Blanc, Leukodécadence: Les Jeunes ne s’intéressent pas aux Championnats du Monde de Luge

« Monsieur Dusse, ce qui ne va pas, c’est le planté de bâton. » Le 21 novembre 1979, Jean-Claude Dusse, Popeye, Gigi et leurs amis dévalaient les pistes de Val-d’Isère sur grand écran et Michel Blanc, alias Jean-Claude Dusse, « avec un D comme Dusse »se demandait régulièrement s’il ne pourrait pas séduire les filles « sur un malentendu ». Quarante ans plus tard, Les bronzés font du ski, le film de Patrice Leconte, continue d’amuser des générations de (télé)spectateurs, mais pour les plus jeunes, s’il y a malentendu, c’est plutôt avec la fréquentation de la poudreuse.

Pendant six mois en 2018, l’agence de conseil Poprock a ausculté les relations d’un panel de 12 000 jeunes de 15-25 ans avec les activités de plein air. Quand on leur parle montagne, les « digital natives » évoquent les Bronzés, Heidi, Belle et Sébastien, Jean Ferrat… Des références de leurs parents ou de leurs grands-parents. « Ça date, mais je vois que ça », admet Jules, jeune Parisien de 19 ans.

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« Plus d’un jeune sur deux n’est jamais allé au ski, ou seulement une fois enfant, souligne Anne Gallienne, la cofondatrice de Poprock. Ils nous disent que c’est trop cher, mais aussi et surtout qu’ils n’en ont pas l’occasion ou ne savent pas skier. Car, tout simplement, aller au ski n’est pas dans leur radar. Cela ne les fait pas rêver, vibrer, voire ils trouvent ça un peu aberrant en des temps de dérèglements climatiques. » Et quand on demande aux sondés de raconter un souvenir de glisse sur les pistes, viennent en tête les galères. Chutes et blessures en tout genre, panne de télésiège, avant le plaisir de la glisse et la beauté des paysages.

De manière générale, seulement 8 % des Français s’offrent régulièrement un séjour aux sports d’hiver

Depuis trois ans, nombre d’indicateurs sont venus confirmer ce que les professionnels de la neige avaient du mal à admettre. Les sports d’hiver n’ont plus la cote chez les 15-25 ans. « J’y vais de temps en temps grâce à mes parents, raconte Léna, 25 ans, étudiante à Chambéry, originaire de Pau.