Japonisme: Shiori Ito, celle qui a brisé le tabou du viol au Japon

« Pute coréenne. » De toutes les menaces et les insultes que Shiori Ito a reçues parce qu’elle a osé parler publiquement du viol qu’elle a subi, c’est peut-être celle qui l’a le plus désarçonnée
« Parfois, ça variait. Les “haters” disaient que j’étais une espionne à la solde de la Corée du Nord, chargée de dénigrer le Japon. Alors que mes deux parents sont japonais, et que, de surcroît, je ne vois pas en quoi cela changerait quoi que ce soit par rapport à ce dont j’ai été victime… ».
Dans un pays où le nationalisme affleure toujours, où les « Zainichi », les Coréens installés au Japon, immigrés parfois depuis plusieurs générations, ont longtemps été considérés comme des sous-citoyens, il n’est finalement pas étonnant que Shiori soit étiquetée « coréenne ». Une étrangère à la communauté.
Dans son livre, « la Boîte noire », publié à l’automne 2017 – la traduction en français vient de paraître – cette jeune journaliste a fait l’impensable : briser le silence sur les violences sexuelles et cela alors que la vague #Metoo déferlait aux Etats Unis et en Europe mais s’arrêtait quasiment ou presque aux rives du Japon.

Nouvelobs