Jambonisme: Commanderiez vous des côtes de porc si vous deviez tuer le cochon ?

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Pourquoi mangeons-nous des animaux que l’on serait incapables de tuer ? C’est le paradoxe que la « Casa de Carne », lauréat du premier prix de l’Animal Film Festival dans la catégorie court-métrage, explore.

Le film met en scène un homme accompagné d’un couple d’amis dans un restaurant chic. Le protagoniste est invité dans une chambre froide où il doit égorger, à l’aide d’un couteau, le porc dont il vient de commander les côtes. L’abattage y est présenté comme un élément de « l’expérience » proposée par le restaurant.

Montrant le client non seulement incapable d’un tel geste, mais aussi bouleversé quand le cochon est finalement abattu sous ses yeux par des employés du restaurant, le film vise à alerter sur les faux-semblants qui entourent notre rapport aux animaux.

Si ce restaurant est évidemment fictif, il n’est pas si éloigné de la réalité. D’après le réalisateur du film, Dustin Brown, il existe des hôtels qui cuisinent les animaux chassés par les clients. D’où l’idée du scénario, qui « pousse les gens à repenser et questionner leur vie de tous les jours », estime le réalisateur, qui n’en est pas à son coup d’essai.

« Regarder le monde avec compassion »

En 2018, il avait remporté la deuxième place du même festival, pour le film « Food for Thought » (« De la nourriture pour l’esprit », en français), qu’il avait également réalisé pour l’association américaine « Last Chance for Animal ».

Ce précédent court-métrage mettait en scène des rayons de supermarché remplis de viande de chien pour questionner la distinction que nous faisons entre animaux de compagnie et animaux d’élevage.

« Nos vies quotidiennes sont tellement déconnectées de la nature, et les systèmes d’oppression et d’exploitation nous sont largement dissimulés. Les films sont un outil très puissant pour tirer le rideau », a expliqué le réalisateur au site américain Plant Based News. « Plus que jamais, nous avons besoin d’histoires qui nous font regarder le monde avec compassion. »

Nouvelobs