Humour: Blanche Gardin garde le sourire

En trois ans à peine, Blanche Gardin est devenue un phénomène de la scène humoristique. On se souviendra longtemps de sa blague drôle et grinçante lors de la 43e cérémonie des Césars, lancée dans la vague du mouvement #metoo : « Est-ce que nous, on a encore le droit de coucher pour avoir les rôles ? Parce que si on n’a plus le droit, il faudra… apprendre des textes… faudra passer des castings, et on n’a pas le temps, franchement. »

Son retour, mercredi 30 mai, sur la péniche-théâtre La Nouvelle Seine, à Paris, puis à l’Européen à partir du 13 septembre – où elle jouera son troisième seule-en-scène, « Bonne nuit Blanche » –, s’annonce déjà comme un succès. Nommée dans la catégorie « humour » des Molières, qui seront remis lundi 28 mai Salle Pleyel, Blanche Gardin pourrait bien détrôner ses réputés concurrents (Jamel Debbouze, Fabrice Eboué, Jérôme Commandeur, Manu Payet). Non pas, espérons-le, parce qu’elle est la seule femme sélectionnée, mais parce qu’elle a pulvérisé, grâce à sa liberté de ton, les barrières qui pouvaient séparer les hommes et les femmes humoristes, démontrant que le stand-up est avant tout l’art du verbe au service d’un univers personnel.

« Des textes incroyables »

Découvrir sur scène Blanche Gardin, c’est prendre une crampe dans les mâchoires, tant on rit, et un uppercut dans le ventre, tant elle sort ses tripes. Déjà irrésistible dans le personnage de Marjorie Poulet sur la chaîne Comédie ! et dans la série WorkinGirls sur Canal+, la comédienne de 41 ans est ainsi décrite par l’homme de théâtre Alain Degois, dit « Papy » : « Blanche est une workaholic qui écrit pour conjurer tout ce qu’elle a en elle. » Ce découvreur de talents (qui a aussi déniché Jamel Debbouze) l’a fait sortir de sa tanière et a mis en scène son premier spectacle. « Je l’avais repérée en 2011 au Jamel Comedy Club, elle avait déjà des textes incroyables. »

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