Glasgow(Ecosse), Trafic de Blanche: Les effrayants ravages de l’héroïne

Il se souvient d’elle comme si c’était hier. Comme si elle était la patiente 0 d’une épidémie qui ronge encore l’Écosse, presque quarante ans plus tard. «Elle devait avoir 25 ans. Je commençais ma carrière de généraliste, c’était le début des années 1980. Elle souffrait d’une pneumonie, mais a fini par m’avouer qu’elle prenait de l’héroïne, en me montrant ses traces d’injection, se souvient Roy Robertson, qui exerce dans un cabinet médical de Muirhouse, un quartier difficile du nord d’Édimbourg. On voyait bien qu’elle était en manque.» «Quand j’en ai parlé à mes collègues, ils m’ont dit: “Mais donne-lui de l’héroïne et laisse-la repartir!” C’était illégal à l’époque. Mais pour moi, cette rencontre a été un choc, parce que cette fille me semblait normale, sans problèmes apparents, du même âge que moi…», ajoute le praticien également professeur d’addictologie à l’université d’Édimbourg. «Dans les mois qui ont suivi, on a vu plein de jeunes comme elle débarquer