Germano-Dépendance: Jean Yves Le Drian “Donner le siège de la France à l’ONU à l’Europe? «Stupide» “

Les débats en Allemagne en faveur d’un siège européen unique au Conseil de sécurité de l’ONU n’ont pas de raison d’être, a affirmé vendredi le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, pour qui l’idée de supprimer celui de la France dans cette perspective est «stupide».

«La question du siège commun ne se pose pas», a dit le ministre à des médias qui l’interrogeaient sur l’approche allemande. Les deux pays ont jumelé leur présidence respective du Conseil de sécurité, en mars pour Paris, en avril pour Berlin. «La position française, et je crois que c’est aussi la position allemande puisque cela a été intégré dans un traité (celui d’Aix-la-Chapelle en janvier), est qu’il faut se mobiliser pour que l’Allemagne ait un poste permanent au Conseil de sécurité. Mais pas le poste de la France, tout cela est stupide», a dit Jean-Yves Le Drian.

A la mi-mars, la chancelière allemande Angela Merkel avait apporté son soutien à des propositions de son parti conservateur (parti démocrate-chrétien allemand, CDU) pour l’Europe qui se démarquent de celles du président français Emmanuel Macron, prônant notamment un siège européen unique au Conseil de sécurité de l’ONU. Selon Angela Merkel, ce siège devrait avoir pour vocation «de réunir les voix européennes au Conseil de sécurité de l’ONU», et donc de faire disparaître le siège dont dispose la France depuis la fin de la Deuxième guerre mondiale.

«Depuis 1945, la géopolitique du monde a changé et il est logique qu’un certain nombre de pays, le Japon, le Brésil, l’Inde, certains pays africains, l’Allemagne évidemment, puissent avoir leur place de permanent au Conseil de sécurité mais pas au détriment des autres», a insisté Jean-Yves Le Drian. «La France gardera son siège au Conseil de sécurité, souhaitons que l’Allemagne puisse elle-même avoir le sien», a conclu le chef de la diplomatie française.

La France est membre permanent avec droit de veto au Conseil de sécurité depuis 1945, à l’égal des Etats-Unis, de la Russie, de la Chine et du Royaume-Uni. Le Conseil de sécurité comprend aussi dix membres non permanents, renouvelés par moitié tous les deux ans. Par le jeu de l’ordre alphabétique, le Conseil comprend en 2019 cinq membres européens, soit un tiers de l’instance (France, Royaume-Uni, Pologne, Belgique et Allemagne). En 2021, il est possible, en tenant compte d’une sortie de Londres de l’Union européenne, que la France se retrouve le seul pays de l’UE au Conseil de sécurité. Pour Paris, plus l’Europe a de sièges au Conseil et plus elle peut peser dans les négociations et les décisions face aux Etats-Unis, à la Russie ou à la Chine.

Le Figaro