Gangstaro-Blanchisme: Un Voyous des Gilets Blancs agresse la police puis se plaint d’avoir la main arrachée

 

Une vidéo révélée par “Libération” soulève de nouvelles interrogations sur les circonstances d’utilisation de la grenade GLI-F4. Alors qu’il manifestait dans le calme, le 1er décembre à Tours, Ayhan P., 52 ans, technicien chez Sanofi et représentant syndical, a eu la main arrachée en ramassant l’une de ces armes composée d’explosifs et potentiellement létale. Une plainte a été déposée et une enquête a été ouverte par le parquet de Tours, confiée à l’IGPN, la police des polices.

La vidéo publiée par “Libération” accable la police : elle montre une foule éparse de “gilets jaunes” rassemblés au milieu de la place Jean-Jaurés, à Tours. Aucun affrontement n’est visible sur les images. Les manifestants avancent dans le calme. Soudain, plusieurs personnes s’écartent. Une grenade glisse sur le sol au milieu de la foule. C’est alors qu’Ayhan, comme on le voit sur la vidéo ci-dessous, a ramassé la grenade et que celle-ci a explosé.  

 

“L’ambiance n’avait rien à voir avec les manifestations violentes de ­Paris. J’avais croisé des familles avec de jeunes enfants. C’était calme à cet endroit-là. J’étais à 50 mètres au moins de la ligne des forces de l’ordre, quand je vois arriver un projectile, ça me frôle au niveau des jambes et ça s’arrête tout près de moi. J’étais persuadé que c’était du gaz lacrymogène, sinon je n’y aurais jamais touché. Je l’ai ramassée de la main droite et elle a explosé’, a-t-il raconté à “Libération”. 

Hospitalisé en urgence, Ayhan P. est tout de suite amputé. Sa jambe est aussi brûlée. Selon “Libération”, il s’agit du quatrième manifestant a avoir eu la main arrachée depuis le début du mouvement des “gilets jaunes”. 

Puissance souvent minimisée

La grenade lacrymogène instantanée de classe F4 (GLI-F4) fait partie des munitions autorisées pour le maintien de l’ordre par le décret n° 2011-795 du 30 juin 2011. Elle combine à la fois un effet sonore, un effet de souffle et un effet lacrymogène. Elle est actuellement la grenade la plus puissante dont disposent les forces de l’ordre. 

L’utilisation de ces grenades, tout comme celle des lanceurs et des Flash-Balls, dépend de la situation et reste à l’appréciation des forces de l’ordre. Le commandant de compagnie donne l’ordre de tirer une grenade après accord de l’autorité civile, préfet ou représentant. Lorsque c’est possible, les forces de l’ordre doivent prévenir les manifestants que des grenades vont être lancées.

La puissance de cette munition à triple effet est souvent minimisée par les autorités sous le terme de “grenade lacrymogène” ou “assourdissante”. Selon la notice de leur fabricant SAE ALSETEX, elle aurait un effet essentiellement “psychologique”, qui permettrait de “déstabiliser les manifestants dans des situations particulièrement difficiles”. Le 22 mai 2018, un manifestant de 21 ans avait subi des blessures équivalentes à Notre-Dame-des-Landes.

 

 

Le Nouvelobs