Gangstaro-Blanchisme: Jean Marc Rouillan, ancien membre d’Action directe et nouveau gourou de la radicalité.

Après vingt-six ans passés en prison pour des assassinats dans les années 1980, le cofondateur du groupe terroriste est en tournée permanente. De librairies anarchistes en ZAD, on se l’arrache. Enfiler un gilet jaune ? L’idée serait tentante s’il ne se savait surveillé de près.

Il n’apparaîtra pas dans ces défilés-là. Ceux qui, depuis trois mois, trouent le calendrier et le bitume, secouent les ronds-points, ébranlent les opinions, donnent des insomnies aux autorités, et nimbent les routes de France d’un voile de colère. Jean-Marc Rouillan, cofondateur du groupe terroriste Action directe n’enfilera pas le gilet jaune.

Ce n’est pourtant pas l’envie qui lui manque. Le gars n’est pas du genre à rater une manif. Lors du mouvement contre la loi travail, au printemps 2016, il défilait en tête, au côté des black blocs, ces activistes qui viennent en découdre avec les CRS, barres de fer et cocktails Molotov à la main. Des « copains », précise celui qui fut condamné à la réclusion criminelle à perpétuité en janvier 1989 pour complicité d’assassinat du général Audran et du PDG de Renault Georges Besse. Et qui a passé un total de vingt-six années en prison dont dix à l’isolement.

Manifester, et à visage découvert

A l’entendre, être devant, c’est tout un poème. Même si, à 66 ans, celui qui est deux fois grand-père, évite les premières lignes – « je

Le Monde