Gangstaro-Blanchisme: Florian Bachelier« Jean-Luc Mélenchon est un casseur de la République »(sic)

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Ses amis disent de lui qu’il a « un fort caractère », ses collègues de La République en marche qu’il est « une forte tête » et ses adversaires qu’il est « brutal ». Florian Bachelier, député d’Ille-et-Vilaine et patron de la questure – ce « ministère des Finances » du Palais-Bourbon –, a pour mission de dégraisser le mammouth. Bref, dit-il, « faire mieux avec moins d’argent ». Vaste programme. Le premier questeur veut s’arroger quelques scalps dans cette vieille maison qu’est le Palais-Bourbon, et ce, d’ici à la fin de son mandat. Une maison au règlement opaque et souvent absurde que lui et son mentor Richard Ferrand ont commencé à réformer. Pour ce faire, il applique, jure-t-il, « la méthode » d’Emmanuel Macron. Mais comment faire quand celle-ci a failli comme samedi dernier sur les Champs-Élysées  ? Entretien.

Le Point : Quelle mention donneriez-vous au gouvernement dans sa gestion de la crise des Gilets jaunes  ?

Florian Bachelier : C’est trop tôt, mais il est important de faire l’autopsie froide et clinique de la situation. Nous avons apporté plusieurs réponses. La première, économique, avec 10 milliards d’euros de mesures qui ont un véritable impact sur la vie réelle des citoyens. J’entends d’ailleurs quelques élus de l’opposition dire que ces 10 milliards d’euros ne représenteront finalement rien. Concrètement, vous avez par exemple 2 millions de travailleurs qui viennent de toucher 450 euros. D’où je viens, ce n’est pas rien, 450 euros. Nous avons également apporté une réponse politique avec l’ouverture du grand débat national. Là aussi, on peut voir les deux côtés de la pièce. Personne n’y croyait si ce n’est le président de la République et la mobilisation a été extrêmement forte avec un million de contributions et plus de 10 000 réunions. Il y a une volonté chez les Français de dire leur opinion, et c’est très sain. À l’inverse, on nous dit qu’un million de contributions sur 45 millions d’électeurs, ce n’est pas grand-chose. Permettez-moi de vous répondre que 30 000 personnes dans les rues sur 45 millions d’électeurs, ce n’est pas non plus « Le Peuple » comme certains l’ont clamé. Et, surtout, chaque Français pouvait exprimer directement ses mécontentements et proposer. Le troisième volet de réponse porte à mon sens sur quelque chose de plus profond : la dégradation du lien de confiance. Beaucoup de Français ont le sentiment de ne pas être écoutés, entendus par un amalgame qui s’appelle « la puissance publique ».

Le Point