Question posée par le 29/12/2018

Bonjour,

Vous nous interrogez sur le simulacre d’exécution du président de la République mis en scène vendredi 21 décembre, jour de l’anniversaire d’Emmanuel Macron. La scène s’est déroulée à Angoulême (Charente). Une cinquantaine de gilets jaunes s’étaient réunis pour assister à la mise en scène d’un faux procès du président de la république, à l’issue duquel un pantin à son effigie avait été décapité. Si la manifestation avait été déclarée, selon la préfecture, «le détail de son déroulement n’avait pas été précisé».

Une information judiciaire a été ouverte par le parquet d’Angoulême. Trois organisateurs de la manifestation ont été mis en examen samedi 29 décembre pour «provocation non suivie d’effets à la commission d’un crime», «outrage à personne dépositaire de l’autorité publique» et «déclaration incomplète ou inexacte d’une manifestation de nature à tromper sur son objet». La «provocation à un crime non suivie d’effets» est punie de cinq ans d’emprisonnement et 45 000 d’amende. «L’outrage à personne dépositaire de l’autorité publique» est punie d’un an de prison et 15 000 d’amende, mais la peine est doublée si l’outrage est commis en réunion. Enfin, la déclaration incomplète de manifestation de nature à tromper sur son objet est passible de six mois de prison et 7 500 euros d’amende. Selon le principe de confusion des peines qui limite la condamnation au maximum de la peine la plus élevée, ils risquent donc au maximum cinq ans d’emprisonnement et 45 000 d’amende.

Ces trois personnes, deux hommes et une femme âgés de 25 à 45 ans, ont été placées sous contrôle judiciaire et ont interdiction d’être présentes sur les lieux de rassemblement de gilets jaunes. Leur avocat a déclaré à l’AFP que ses clients étaient victimes d’une «lourde médiatisation», «contre leur gré», d’un «événement qui relevait d’un second degré». «Si cela a choqué, ils en sont conscients et prêts à s’excuser», mais «ils ont agi dans un cadre légal» et «ont usé de leur droit de manifester et d’organiser un événement déclaré en préfecture, sans haine ni violence», a-t-il précisé.

Par ailleurs, trois journalistes de la Charente Libre qui ont couvert l’événement affirment avoir été entendus jeudi 26 décembre dans cette affaire.

Cordialement