Corsica Nazione: Jean-Toussaint Plasenzotti, « l’oncle » qui lutte contre la mafia corse

En septembre, le jeune militant nationaliste Maxime Susini, était assassiné à Cargèse, en Corse-du-Sud. Malgré les menaces, son oncle a créé un collectif pour lutter contre la mafia, qui a reçu des centaines de soutiens.

« L’oncle, il ferait mieux de faire attention », a lancé quelqu’un, devant quelqu’un d’autre, et ce quelqu’un d’autre l’a répété. Quand l’affaire est sérieuse, ça se passe généralement de cette façon en Corse. Les balles sur le pas de la porte, les petits cercueils au courrier, c’est juste du folklore, ou bon pour les séries télé.

Jean-Toussaint Plasenzotti, l’oncle de Maxime Susini, tué sauvagement le 12 septembre dernier au petit matin sur une plage idyllique de Cargèse, en Corse-du-Sud, savait qu’il ne parlerait pas haut et fort pour dénoncer la mafia insulaire impunément. Après avoir été alerté de ces menaces, « l’oncle » a demandé un rendez-vous aux autorités présentes sur l’île. Comment réagir ? Accepter d’être protégé par l’Etat ? Solliciter un port d’arme ? Aucune de ces solutions n’a convenu à Jean-Toussaint (dites « Ghjsantu » en corse) Plasenzotti, visage sec, presque émacié depuis qu’il a perdu celui qu’il considérait comme son fils.

Alors il a écouté les conseils de sécurité donnés par les policiers. Changer chaque jour d’itinéraire pour aller au travail. Faire deux fois le tour d’un rond-point avant de se garer. Ne pas respecter d’emploi du temps trop fixe. Ce professeur de corse de 60 ans sourit avec fatalisme : « Les routes, en Corse, pour aller d’un village à l’autre… il n’y en a qu’une. Et quand on a un travail, comme c’est mon cas, on a aussi des horaires. Je fais attention, oui. Maxime aussi faisait attention, et on lui a tiré dessus avec un fusil destiné à

 

NouvelObs.com