Compétition militaires: Les Etats-Unis bons derniers

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Au regard des résultats obtenus lors des premières épreuves de l’édition 2018 du « Strong Europe Tank Challenge », une compétition « amicale » organisée depuis deux ans à Grafenwoehr [Allemagne], l’on pouvait espérer que le peloton (4 chars Leclerc) engagé par le 1er Régiment de Chasseurs (RCh) allait au moins décrocher une place sur le podium.

Finalement, le peloton français s’est laissé distancer… En effet, l’unité du Panzerbataillon 393 [Leopard 2A6] de la Bundeswehr a terminé à la première place tandis que les équipages suédois [char Stridsvagn-122, une déclinaison du Leopard 2, ndlr] et autrichiens [Leopard 2A4] ont complété le podium.

« Je mentirais si je vous dis que nous ne voulions pas gagner, mais je pense que les autres équipes sont très fortes, donc ça a été difficile », a commenté le sergent allemand Matis Hantke. Cette victoire du peloton du Panzerbataillon 393 ne pouvait pas mieux tomber puisqu’elle coïncide avec la journée de la Bundeswehr, organisée ce 9 juin.

 

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Le peloton de 2e Brigade blindée de l’US Army, dont le classement final n’a pas été précisé dans le communiqué annonçant les résultats [comme celui des autres participants], aura au moins eu la satisfaction de remporter l’épreuve de tir avec ses chars M1A2 SEP « Abrams ».

En 2016, cette compétition, qui venait alors d’être remise au goût du jour, avait déjà été remportée par un équipage allemand. L’année suivante, un peloton autrichien s’était distingué en terminant à la première place (tandis que les cavaliers français du 501e Régiment de chars de combat échouaient au pied du podium).

Pour leur première participation au Strong Europe Tank Challenge, les équipages suédois ont donc fait plus forte impression que leurs homologues britanniques [un peloton du Queen’s Royal Hussars, doté de Challenger 2, ndlr], pour qui c’était la première apparition dans cette compétition.

Cette année, 13 épreuves étaient au programme du Strong Europe Tank Challenge, comme l’identification de véhicules, le tir offensif et défensif, les manoeuvres de précision, parcours d’obstacles, réaction à une attaque chimique, tracter un blindé touché, etc… Certaines, « débarquées », sont susceptibles de pénaliser les équipages français par rapport à leurs concurrents : il faut trois hommes pour mettre en oeuvre un Leclerc (ou un T-84 ukrainien) contre 4 pour un Leopard 2, un Challenger 2 ou un Abrams.

« L’aspect le plus important de notre entraînement à tous les niveaux, qu’il s’agisse d’un exercice ou d’une compétition comme celle-ci, est de développer l’interopérabilité », a expliqué le colonel américain W. Clark Lindner, du 7th Army Training Command. « Être capable de travailler ensemble pour comprendre comment les uns et les autres exploitent les particularités de chaque plate-forme est d’une importance cruciale pour le développement de l’alliance et de ses relations clés avec certains pays partenaires », a-t-il souligné.

Pour le moment, le 1er RCh n’a pas encore communiqué sur les résultats obtenus par le peloton qu’il avait engagé. Mais l’an passé, l’armée de Terre avait tenu à souligner la valeur du char Leclerc, qui avait « surclassé » ses concurrents. « Puissant, rapide et agile. Ce sont les trois mots qui reviennent dans la bouche de toutes les autres nations participantes », fit-elle valoir à l’époque.

« Réguliers, ils brillent particulièrement sur le tir offensif. Sur le pas de tir, quatre Leclerc progressent en ligne afin de détruire l’ennemi. Un problème technique empêche le dernier char de tirer. Les Français réalisent un score impressionnant avec seulement trois engins blindés, dépassant d’autres nations présentes avec leurs quatre véhicules », avait aussi expliqué l’armée de Terre, en déplorant le « manque de chance » du peloton du 501e RCC sur certains épreuves.