Communautarisme: des groupes d’extrême-centre blanc

Lundi, deux anciens leaders de mouvement interdits à la suite de la mort de Clément Méric en 2013 comparaissent devant le tribunal correctionnel de Lyon. Ils sont accusés d’avoir maintenu l’existence de leurs structures. Ils risquent 7 ans de prison et 100.000 euros d’amende.

La mort le 5 juin 2013 de Clément Méric, jeune militant antifasciste tué à Paris lors d’une rixe avec des rivaux nationalistes, avait fait la une de la presse pendant de nombreuses semaines. La réponse du gouvernement s’était voulue énergique: quatre groupes d’extrême droite avaient été dissous. La justice estime aujourd’hui que deux d’entre eux, l’Œuvre française et sa structure de jeunesse, les Jeunesses nationalistes (JN), auraient maintenu leurs activités en dépit de la décision les frappant. Près de 5 ans jour pour jour après la mort de Clément Méric, leurs leaders respectifs, Yvan Benedetti et Alexandre Gabriac, doivent comparaître lundi 4 juin devant le tribunal correctionnel de Lyon pour reconstitution et maintient de ligue dissoute. Ils risquent 7 ans de prison et 100.000 euros d’amende.

Aucun militant de l’Œuvre française ni des JN n’était pourtant impliqué, de près ou de loin, dans la mort de Clément Méric. Les deux mouvements dissous ont été les victimes du grand coup de balai dans les milieux radicaux voulu par l’exécutif. Le gouvernement Ayrault faisait alors face à une contestation idéologique aussi bien dans la rue, avec la Manif pour tous, que sur Internet où les «quenelles», du geste controversé popularisé par le polémiste Dieudonné, fleurissaient en guise de pied-de-nez au «système». Lorsqu’est venue s’ajouter la mort de Clément Méric, le pouvoir a voulu frapper fort, voyant dans les dissolutions la réponse idéale.

 

Le Figaro