Communautarisme Blanc: Le Leukophile Gabriel Matzneff prends la défense du Judéophobe Yann Moix”Laisse entendre que tu as un faible pour les lycéennes, que tu fais la sortie de Henri-IV et de Fénelon.”(sic)

Ayant vécu ces dernières semaines dans une retraite quasi monastique, je ne savais rien de la querelle au centre de laquelle est plongé mon ami Yann Moix. Hier, chez Gallimard, j’ai posé des questions, l’on m’a mis au parfum.

Si j’ai bien compris, le Yann Moix criblé de flèches est double :

Pour ma part, outre que je défends toujours ceux que j’aime, je professe que c’est dans notre propre cœur, dans nos singulières expériences que nous puisons le meilleur de notre inspiration romanesque ; et que la famille est par excellence le lieu où entre l’âge de cinq ans et celui de vingt ans, nous vivons des choses, heureuses ou atroces, propres à plus tard nourrir nos livres.

Yann Moix a tous les droits d’utiliser ses souvenirs d’enfance – vrais ou métamorphosés par l’imagination et le temps qui passe – dans un roman. Ce qui seul importe est que ce livre soit beau. Le reste, on s’en fiche.

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L’autre point est l’antisémitisme : si Yann devait sortir affaibli, noirci, de ce tourbillon médiatique, ce serait à cause de cette accusation d’antisémitisme, plus fâcheuse, lourde de conséquences, que les cris d’orfraie de ses parents et de son frère. C’est un grief en or que ceux qui lui veulent du mal vont désormais lui resservir, et à toutes les sauces, jusqu’à sa mort, et peut-être au-delà.

L’adolescence, dans les classes aisées, est fasciste d’instinct

Les Français, tant du peuple que de la meilleure société, sont volontiers antisémites ; et les jeunes Français de la bourgeoisie plus encore que leurs aînés. François Mauriac (soit dit par parenthèse, lui aussi, comme Hervé Bazin, spécialiste des règlements de comptes familiaux) écrivait en juin 1958 dans son fameux Bloc-Notes : « L’adolescence, dans les classes aisées, est fasciste d’instinct. »

Le Point