Communautarisme blanc: Daniel Conversano(de son vrai nom Daniel Didier, de type métèque, pas blanc donc)« Je ne conteste pas être raciste » (sic)

Ils se disent « positifs et non dépressifs »« confiants et non défaitistes » ou encore « ouverts et non élitistes ». Mais les créateurs de Suavelos se revendiquent surtout comme « nationalistes blancs » et même, tout simplement, comme « racistes ». Ce site Internet, prisé d’une partie de l’extrême droite française, défend l’idée que la question « ethnique » prime sur les autres.

Ces messages nationalistes exposent la mouvance à la modération des plates-formes comme Facebook et YouTube, qui ont durci le ton en 2019, après l’attentat de Christchurch et la fusillade d’El Paso, perpétrés par des suprémacistes blancs. Pourtant le réseau Suavelos ne désarme pas, face à ce qu’il considère comme de la « censure », et multiplie les initiatives : pages Facebook secondaires, chaînes Telegram, cagnottes en ligne, association aux fins dissimulées…

Nous avons démêlé les fils de cette pelote avec l’ONG belge EU Disinfo Lab, spécialisée dans la recherche sur la désinformation en Europe. Et il apparaît que l’équipe de Suavelos ne manque pas d’imagination pour diffuser sa pensée raciste, et tenter de toucher un public plus large que la frange nationaliste.

Une idéologie ouvertement raciste

Le site Suavelos.eu a été créé en 2016 par deux activistes d’extrême droite : Yann Merkado et Daniel Conversano. A première vue, le site présente quelques similarités avec un autre blog d’extrême droite, Fdesouche. Présenté comme une « simple revue de presse », il dénonce les supposés ravages de l’immigration sur la société et rejette « la société multiraciale transformant les blancs en minorité ». On y trouve de nombreux articles inspirés de faits divers – « Clermont-Ferrand : elle rentre de vacances et trouve un migrant installé chez elle » – qui sont souvent partagés des milliers de fois sur les réseaux sociaux.

Mais contrairement à Fdesouche, fondé par l’ancien cadre du Front national Pierre Sautarel, Suavelos ne se contente pas d’un propos allusif, il est ouvertement discriminatoire. Sa rubrique « Qui sommes-nous ? » joue ainsi carte sur table, se revendiquant du « nationalisme blanc » et clamant « l’affirmation du droit du blanc à être chez lui ».

« Je ne conteste pas être raciste, s’amuse Daniel Conversano, joint par téléphone. J’ai toujours trouvé la civilisation européenne supérieure aux autres, je préfère Mozart au djembé. Chez nous, la question ethnique est centrale. » Des propos tout à fait communs dans la bouche du militant, pour qui il faudrait « mettre dans la Constitution que la France est un pays blanc et doit le rester majoritairement ».

Pas question, en revanche, de faire la promotion de la violence à l’encontre des « non-blancs »« On ne veut pas ça », jure Daniel Conversano. Mais « je ne vois pas comment un blanc pourrait ne pas se venger au bout du dixième attentat islamiste. Ce qui s’est passé avec Breivik en Norvège va finir par arriver chez nous », estime-t-il, en référence à l’attentat perpétré en 2011 par ce militant d’extrême droite sur l’île d’Utoya. Reste qu’il tient lui-même des propos appelant à la violence : il affirmait ainsi dans une vidéo (restreinte à un accès privé depuis) qu’il souhaitait voir « des douaniers avec des flingues » tirer sur « les mecs à la nage »avait repéré BuzzFeed en 2017.

Une galaxie de sites et pages Facebook

Pour diffuser son discours, Suavelos s’est adapté aux codes de l’information en ligne et des réseaux sociaux. Le site comprend par exemple une section News, mais aussi une version féminine, Madame Suavelos.

La galaxie Suavelos compte aussi les sites Bellica.fr (qui défend un « féminisme occidental »), BuzzBeed.com (un site prétendument parodique qui a parfois servi à diffuser de fausses informations) ou encore Fluideracial.comun site de caricatures xénophobes, apprécié notamment de l’ancien président des jeunes Front national Julien Rochedy. Ces sites ont aussi des antennes sur Facebook, Twitter, Instagram ou YouTube.

Le Monde