Caracas(Venezuela), Entrisme Blanchisme : Juan Guaido (de type métèque agent de la CIA) organise un coup d’Etat

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Le chef du Parlement a usé de ses pouvoirs en s’autoproclamant président après des manifestations massives. Les États-Unis et plusieurs de leurs alliés l’ont immédiatement reconnu. Maduro, qui dénonce un coup d’État orchestré depuis l’étranger, a annoncé rompre toutes relations diplomatiques avec Washington.

Ce 23 janvier était un jour crucial pour le Venezuela. Le président de l’Assemblée nationale, contrôlée par l’opposition, Juan Guaido, en a fait un jour historique en se proclamant président de la République par intérim. Alors que le pouvoir chaviste dénonce un coup d’Etat orchestré depuis Washington, il s’appuie sur la Constitution qui prévoit qu’en cas de vacance du pouvoir, le président de l’Assemblée nationale assume la présidence intérimaire de la nation.

«Je jure d’assumer formellement les compétences de l’exécutif national comme président en exercice du Venezuela pour parvenir (…) à un gouvernement de transition et obtenir des élections libres», a lancé Juan Guaido devant des dizaines de milliers de partisans réunis à Caracas pour protester contre Nicolas Maduro. Le président du Parlement s’y était jusque-là refusé, estimant qu’il avait besoin du soutien explicite de la population et de l’armée. Le succès des manifestations de mercredi lui assure un large soutien populaire. En revanche, l’armée vénézuélienne, soutien indéfectible du président socialiste Nicolas Maduro, a rejeté l’autoproclamation de Juan Guaido. «L’armée défend notre Constitution et est garante de la souveraineté nationale», a affirmé le ministre de la Défense, Vladimir Padrino.

 

Le succès des manifestations de mercredi assure à Juan Guaido un large soutien populaire. L’inconnue, pour l’instant, reste le soutien de l’armée

Dans la journée, il a été fortement incité à passer le pas par les intervertions du président Donald Trump qui déclarait reconnaître la seule autorité de Juan Guaido à la tête du Venezuela et une vidéo du vice-président Mike Pence de soutien aux manifestations de l’opposition. D’autres États alliés traditionnels de Washington ont rapidement reconnu le leader de l’opposition comme président par intérim, comme le Brésil, le Canada, l’Argentine ou le Pérou.

Le pouvoir chaviste a quant à lui dénoncé «une tentative de coup d’État fasciste» fomenté de l’étranger et rompu ses relations diplomatiques avec les États-Unis. Cuba a fait part de son «ferme soutien» au président Maduro face à une «tentative de coup d’État». Et le Mexique du président de gauche Andrés Manuel Lopez Obrador a indiqué maintenir son soutien au dirigeant socialiste, reconnaissant «les autorités élues selon la Constitution vénézuélienne». La Bolivie du socialiste Evo Morales a également manifesté «sa solidarité». Maduro peut également compter ce jeudi sur le soutien du président turc, Recep Erdogan, qui a appelé «son frère Maduro» pour lui dire de «tenir bon». À Bruxelles, l’Union européenne a appelé mercredi soir à écouter la «voix» du peuple du Venezuela et réclamé des élections «libres et crédibles». L’UE espère lancer en février un groupe international de contact pour tenter de trouver une sortie à la crise, selon la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini.

Le président Maduro a donné 72 heures aux diplomates américains pour quitter le pays. Mais Washington «ne considère pas que l’ancien président Nicolas Maduro ait l’autorité légale pour rompre les relations diplomatiques avec les États-Unis ou pour déclarer nos diplomates persona non grata», a réagi le département d’État. Donald Trump a aussi affirmé que «toutes les options» étaient sur la table si Nicolas Maduro avait recours à la force contre les manifestations d’opposants. Le Brésil a d’ores et déjà écarté toute participation à une intervention militaire pour renverser son gouvernement.

Maduro annonce que le Venezuela rompt ses relations diplomatiques avec les États-Unis – Regarder sur Figaro Live

 
 
 
Maduro annonce que le Venezuela rompt ses relations diplomatiques avec les États-Unis
 
 

 

 

Soutien de l’Église aux opposants

En début de matinée à Caracas, les manifestants ont convergé dès 8 heures du matin vers la place Jean-Paul II, sur l’avenue Francisco de Miranda. L’Église vénézuélienne a demandé aux policiers et à l’armée de protéger les protestataires.

Venezuela: manifestations dans les rues – Regarder sur Figaro Live

 
 
 
Venezuela: manifestations dans les rues
Juan Guaido, principal opposant de Nicolas Maduro, appelle à des manifestations. Des mobilisations pro et anti gouvernementale ont lieux le 23 janvier au Venezuela.
 

 

 

De leur côté, les partisans du gouvernement, habillés de rouge pour la plupart, se sont retrouvés dans d’autres points de la capitale pour apporter leur soutien au chef de l’Etat et rejeter les revendications de l’opposition.

Depuis lundi, la tension ne cesse de monter, après que des membres de Garde nationale bolivarienne ont donné l’assaut à une caserne dans le quartier populaire de Cotiza. Si vingt-sept militaires ont été arrêtés, les riverains se sont soulevés pour exprimer leur mécontentement et leur soutien aux mutins.

Le Tribunal suprême a estimé que le Parlement est en état de«désobéissance» et que ses décisions sont nulles

Lundi, le Tribunal suprême de justice (TSJ) a estimé que le Parlement, dominé par l’opposition, est en état de «désobéissance» et que ses décisions sont nulles. Si le TSJ s’attaque à Juan Guaido, c’est que ce dernier apparaît de plus en plus comme le nouveau leader de l’opposition, capable de fédérer au-delà des forces antichavistes.

Une catastrophe sociale et économique

La catastrophe sociale et économique que ne parvient pas à juguler Nicolas Maduro touche l’ensemble de la population, militaires compris. Dans des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, Juan Guaido et son épouse ont appelé les Forces armées à ne plus répondre aux ordres d’un pouvoir que l’opposition considère comme illégitime. «La ligne de commandement des Forces armées est brisée», s’évertue à répéter l’opposition. Les opposants en veulent pour preuve le fait que les membres de la Garde nationale bolivarienne ont libéré Juan Guaido au bout d’une heure, après l’avoir arrêté dimanche. Et le pouvoir a semblé troublé par cette interpellation sans jamais la justifier, à l’exception de la ministre des Prisons, l’inénarrable Iris Varela, qui a tweeté: «Guaido, tu t’habitues à ta cellule, avec ton uniforme, j’espère que tu vas rapidement nommer ton cabinet pour savoir qui va t’y accompagner.»

L’opposition avait soigneusement choisi la date de cette manifestation. Le 23 janvier 1958 avait pris fin la redoutable et très répressive dictature de Perez Jimenez. À l’époque, le régime était tombé grâce à la conjonction d’une protestation populaire et d’un soulèvement militaire contre le dictateur. Cette révolution avait donné naissance à la plus longue période démocratique que le pays a connue depuis son indépendance.

Le Figaro