Braconnisme, permis de meurtre: Pour Willy Schraen, les meurtres du au braconnisme sont des “accidents corporels” (400 Meurtres par ans selon Statistiques de l’ONCFS)

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Après la mort samedi dernier d’un vététiste tué par un chasseur en Haute-Savoie, la question de la dangerosité de la chasse et de la cohabitation entre chasseurs et promeneurs revient.

L’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) doit remettre dans les jours qui viennent à la justice un rapport établissant les manquements à la réglementation après la mort d’un vététiste tué par un chasseur le week-end dernier en Haute-Savoie. Cet accident est loin d’être un drame isolé puisque chaque année les accidents de chasse sont à l’origine d’une dizaine de décès au moins. Sur la saison 2017-2018, 115 victimes impliquées dans 113 accidents ont été identifées par l’ONCFS dont 17 personnes non chasseurs. Parmi ces accidents, 13 ont été mortels dont 3 concernant des personnes non chasseurs. L’ONCFS note que ce chiffre est le plus bas observé en 20 ans et en net recul par rapport à la saison précédente lors de laquelle 143 accidents avaient été recensés dont 18 mortels impliquant exclusivement des chasseurs.

Depuis la saison 2000-2001, selon les chiffres donnés par l’ONCFS, 364 décès sont liés à un accident de chasse. Toutefois, si durant la saison 2001-2002 on observait 31 accidents mortels, ces chiffres ont tendance à diminuer ces dernières années avec environ une dizaine de victimes. Le nombre d’accidents est stable sur la décennie avec entre 120 et 150 accidents chaque année, un chiffre souvent rapporté par les chasseurs au 1,2 million de permis de chasse recensés en 2016 par la Fédération nationale des chasseurs. Comme le relèveLe Monde, les accidents de chasse qui surviennent en France font principalement des victimes chez les chasseurs (entre 80 et 90% selon les saisons) qui se blessent eux-mêmes dans un tiers des cas.

Fin septembre, un chasseur de 19 ans a été condamné par le tribunal correctionnel d’Annecy à trois ans d’emprisonnement dont deux avec sursis et mise à l’épreuve pendant deux ans, après la mort en 2015 d’un homme sur un chemin forestier à Quintal. La femme de la victime a interpellé lundi soir le président Macron sur Facebook: «depuis notre accident, certaines mesures de sécurité complémentaires ont été prises (…). Mais force est de constater que ces mesures sont loin d’être suffisantes».