Braconnisme, permis de Meurtre: Alexandre tente d’assassiner Baptiste à coup de fusil de chasse

Une double volée de plombs vient de ruiner la belle amitié entre deux jeunes chasseurs de Montmorillon ce week-end.

La suite d’un repas très alcoolisé au retour d’une partie de chasse au canard et d’un petit accrochage routier.
Samedi soir donc, Baptiste reprend la route de Montmorillon suivi par Alexandre au volant de l’Audi de maman.
De dos Malgré sa forte alcoolémie, le premier s’arrête au cédez-le-passage. Pas Alexandre qui vient l’emboutir. C’est le point de départ de l’embrouille entre les deux amis qui poursuivent la discussion au domicile des parents de Baptiste. Il finit par en avoir marre et lui demande de repartir.
Discrètement, Alexandre casse son fusil resté dans son fourreau glisse deux cartouches et fait feu alors que Baptiste lui tourne le dos.
Le tireur tourne les talons et repart avec son frère Nicolas.
Les gendarmes sont prévenus quand Baptiste se présente aux urgences les chevilles criblées de plombs. Alexandre est cueilli au saut du lit pour tentative de meurtre, les gendarmes retrouvent au passage du shit et de l’herbe dans sa table de chevet.
Après deux jours d’enquête, la justice a rétrogradé dans les poursuites, retenant des violences avec arme et une ITT de trente jours. Alexandre, intérimaire de 24 ans, se retrouve penaud et jugé en comparution immédiate.
« J’avais bu, je m’en veux, c’est quand même un ami, je me suis emporté, je n’étais plus maître de moi ! »
La présidente Rousseau s’étonne que le jeune homme gaucher, en arrêt de travail pour un doigt cassé à la main… gauche, puisse tirer et continue à le faire ! « On m’a enlevé les broches il y a quinze jours, mon père m’a payé le permis, ça m’embête de ne pas y aller », lâche le tireur avec candeur !
Ce qui embête Me Grandon, pour la partie civile, c’est la psychologie de ce jeune chasseur sans limites. Et les suites médicales pour son client dont les plombs ne peuvent être extraits.
Le procureur Thévenot, lui, s’inquiète des non-dits, de ces décharges de plombs qui semblent aussi venir libérer des rancœurs contenues.
Feu aux poudres Il réclame trois années de détention et l’incarcération du prévenu connu jusque-là pour des vols. Il rajoute l’interdiction de détenir une arme durant cinq années.
Décidément, ces plombs inspirent les saillies. Après la présidente qui évoque en ouverture d’audience « un incident qui met le feu aux poudres », c’est la défense qui assure que son client a… « pété les plombs » !
C’est pas faux… mais Me Dusch tempère dans la foulée d’un incontournable « si vous me passez l’expression » ! Elle trouve surtout que la charge du procureur est lourde contre un jeune homme inséré socialement et jamais poursuivi pour des violences.
Alexandre écope finalement de trois ans de prison dont deux ferme avec mandat de dépôt.
Il lui est interdit de détenir une arme et de chasser.