Blanchissme: Jean Claude Bustamante directeur des Beaux arts enfariné par des étudiants (Màj: Il démissionne de son poste directeur)

Jean-Marc Bustamante a-t-il jeté l’éponge ? Le mail que le plasticien a envoyé, mardi 3 juillet au soir, à certains acteurs du ministère de la culture et de l’Ecole nationale supérieure des beaux-arts de Paris, qu’il dirige, est sans équivoque. Intitulé « Au revoir », il se conclut ainsi : « L’artiste reprend le dessus. Je vous souhaite de vous y retrouver et vous revoir ailleurs. Et vive l’art que nous faisons et non la culture qui nous est faite ». Reçu par le cabinet de Françoise Nyssen mardi matin, celui qui avait concentré tous ses efforts pour que l’institution gagne le label de « musée de France » affirme ne pas avoir reçu le soutien qu’il escomptait à la suite de son enfarinage opéré, jeudi 28 juin, par quelques étudiants.

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Ces derniers lui reprochaient son indifférence à l’égard des affaires de harcèlement sexuel et moral, mais aussi de racisme, qui avaient secoué l’école toute l’année. Le ministère n’avait pas réagi officiellement après cette soirée mouvementée, à laquelle assistaient certains de ses membres. Mais suite à cette agitation, il a manifestement lâché l’artiste en rase campagne. « J’allais chercher du réconfort au ministère, toujours un peu traumatisé par cette violence qui m’a frappé. La ministre ne m’a pas reçu, sinon une cheffe de cabinet froide et cassante. Dans les heures qui ont suivi, je me suis senti très fatigué et lâché ».

 

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Contacté mercredi 4 juillet au matin, Jean-Marc Bustamante a confirmé au Monde son découragement, se disant « très éprouvé par ces derniers événements », mais aussi par « l’ingratitude de la ministre, qui ne [l]’a jamais reçu ni hier ni jamais, sans un mot de soutien et [qu’il] agace », ainsi que par les « fausses promesses de sa cheffe de cabinet ».

Fin de mandat

Le cabinet de Françoise Nyssen livre une autre version : « Dès le 28 mars, la ministre a notifié à M. Bustamante la fin de son mandat, déjà prolongé d’un an, en date du 10 septembre prochain, et lui a rappelé qu’il pouvait faire valoir ses droits à la retraite. Il a préféré le coup de force en annonçant lui-même sa reconduction, mais quand il a été reçu hier, c’était pour lui rappeler cette date, en amont du conseil d’administration du 12 juillet»

Les tensions qui s’attisaient aux Beaux-Arts depuis la soirée du 28 juin n’ont pas contribué à l’apaisement, même si le ministère insiste pour souligner qu’il ne soutient en rien l’action des étudiants.

 

Le Monde