Blanchiment: Jean Paul Cluzel juge que son salaire de 210.000 Euros est insuffisant

JAUVERT CONFIDENTIEL. “Le Canard enchaîné” l’a épinglé sur ses frais de déplacement mais aussi sur son salaire de 210.000 euros brut par an. Pourquoi était-il aussi élevé ? Jean-Paul Cluzel s’explique auprès de “l’Obs”.

“Le Canard enchaîné” a lancé un pavé dans la mare parisienne à propos des frais de limousine et de taxi de l’ancien patron du Grand-Palais, le très glamour Jean-Paul Cluzel. L’inspecteur des finances honoraire s’est expliqué auprès de l’AFP sur les 362.000 euros dépensés en cinq ans pour ses déplacements. En revanche, il n’avait encore rien dit sur le montant de son salaire, lui aussi épinglé par “le Canard” : 210.000 euros brut par an. Voici ce qu’il en dit à “l’Obs”, qui l’a aussi interrogé sur sa retraite d’inspecteur des finances.

Vous gagniez donc plus que le président de la République, qui perçoit lui aujourd’hui 180.000 euros brut par an…

Le président de la République n’a rien à payer, son salaire va tout droit, net, dans sa poche. Ce n’était pas mon cas. Et puis, savez-vous combien gagne le patron de l’Opéra de Paris ? 

Oui, Stéphane Lissner est le président d’établissement public le mieux payé de France avec 350.000 euros par an, mais c’est un grand patron de scène qui peut se vendre à l’étranger.

Soit. Mais savez-vous combien gagnait, à l’époque, le patron de la plus grande boîte privée d’événementiel, qui était mon concurrent ? 

Non, mais justement vous n’avez pas choisi de faire carrière dans le secteur privé mais dans le public. D’ailleurs, selon les informations de Bercy, en tant que patron d’Epic (Etablissement public à caractère industriel et commercial), votre salaire n’était inférieur, semble-t-il, qu’à ceux des patrons de l’Opéra de Paris, du CNES (le centre d’études spatiales) et de France Télévisions. Trouvez-vous cela normal ?

Quand j’ai été nommé à la tête du Grand-Palais en 2009, j’ai demandé à conserver mon salaire de PDG de Radio France, 220.000 euros brut par an. Et j’ai obtenu un peu moins, 210.000 donc. Puis Sarkozy a gelé les salaires des patrons du secteur public, des grands établissements culturels, en tout cas. Si bien qu’avec l’inflation, mes revenus nets ont baissé. En huit ans des deux présidences, avec une inflation à 2%, j’ai donc perdu environ 25% de pouvoir d’achat. Mais évidemment je ne me plains pas.

Enfin, l’inflation annuelle n’a pas été de 2% pendant cette période, elle a même parfois été négative…

En tout cas, mon salaire a été bloqué et j’ai perdu du pouvoir d’achat.

Cela dit, la conseillère d’Etat Sylvie Hubac, ancienne directrice de cabinet de François Hollande, qui vous a succédé au Grand-Palais en 2016, n’a perçu “que” 170.000 euros brut en fixe plus, au mieux, 22.000 euros de variable, soit un maximum de 192.000 euros brut par an, donc 20.000 à 40.000 euros de moins que vous…

Peut-être, mais elle n’avait pas mon expérience dans la culture. Et puis, en 2004, j’ai démissionné de l’inspection des finances : je n’avais donc plus de filet de sécurité comme elle au Conseil d’Etat.

Pourquoi avez-vous démissionné ?

Parce que j’ai préféré opter pour le régime de retraite de Radio France, proche de celui du privé, avec un système de retraite complémentaire. Le tout assis sur mon salaire total, et non sur mon revenu hors prime comme dans la fonction publique. Cela dit, j’ai tout de même continué à cotiser à la Préfon, la retraite des fonctionnaires, qui autorise un tel cumul.

à propos des frais

 

Le Nouvelobs