Antisemantisme: Une femme invente des propos qui n’ont jamais été tenu.

Elle n’a pas eu froid aux yeux, et elle en est plutôt fière.

 Le quotidien gratuit “20 minutes” a retrouvé la personne âgée qui s’était levée pour interpeller dans le métro parisien, samedi 22 décembre dans la nuit, trois hommes, portant des gilets jaunes, qui, hurlant “Macron démission”, se sont mis à faire des “quenelles”, le geste antisystème (et chargé d’un sous-entendu antisémite) inventé par l’ex-humoriste Dieudonné. Agnès (son prénom a été modifié), 74 ans et demi, assure :

“Je suis au-dessus de tout ça !”

“C’est une geste antisémite, je suis juive”

C’est elle qui a contacté le quotidien gratuit pour raconter son altercation avec les trois “gilets jaunes” dans la ligne 4. C’est quand les trois hommes ont commencé à faire des “quenelles”, qu’Agnès s’est levée, est allée vers eux et leur a dit :

“C’est un geste antisémite, je suis juive, mon père a été déporté à Auschwitz où il est mort. Je vous demande d’arrêter.”

Les “gilets jaunes” ont ri et ont continué. “Je n’ai jamais imaginé que j’allais les raisonner”, explique-t-elle dimanche 23 décembre à “20 minutes”. Elle a bien entendu un des hommes, debout dans le couloir, hurler à plusieurs reprises, pendant une à deux minutes : “Dégage la vieille !” Imperturbable, Agnès, raconte : “Je lui ai demandé d’aller jusqu’au bout et de dire ‘dégage la vieille juive'”. Ce qu’il n’a pas fait. 

Comme le raconte “20 minutes”, Agnès a aussi entendu l’un de ces individus faire des références à la “révolution nationale”, qui est l’idéologie officielle du régime de Vichy. Et la septuagénaire de lâcher : “Sans doute des sympathisants du Front national”.

“On est chez nous ! On est  chez nous !”

C’est le journaliste de “20 minutes” Thibaut Chevillard qui rendu public cette scène en publiant samedi 22 décembre son témoignage sur Twitter en “thread” (une série de tweets à dérouler). Il raconte le comportement de ces trois “gilets jaunes”, l’intervention d’Agnès. Mais aussi que les trois hommes ont ri, continué et que l’un d’eux a déclaré que les chambres à gaz n’existaient pas. Un autre a hurlé “Dégage la vieille !”, le troisième scandé “On est – chez nous ! On est – chez nous !”. Et que la vieille dame est repartie s’asseoir sous leurs insultes. Puis elle est descendue à la station suivante. Les trois hommes ont repris leurs “Macron démission !”, et sont descendus à la station Montparnasse.

Le journaliste souligne que personne dans le métro “n’a repris leurs chants nauséabonds. La gêne était même palpable. Mais personne ne s’est levé pour prendre la défense de cette petite vieille. J’ai eu honte

Nouvelobs