Antisémantisme: Le Sionistan veut la guerre mais ne supporte pas la mort

Featured Video Play Icon

Le crime qui aurait été commis par un «loup solitaire» a relancé le débat sur la peine capitale pour les Palestiniens auteurs de certains homicides et capturés vivants.

De notre correspondant à Jérusalem

Le meurtre d’Ori Ansbacher, 19 ans, suscite un vif émoi en Israël. Le corps nu de la jeune femme qui effectuait son service national civil a été découvert jeudi dans un bois au sud de Jérusalem. Il était lardé de coups de couteau dans la poitrine. Des centaines de personnes ont assisté à ses funérailles vendredi dans la colonie de Tekoa en Cisjordanie occupée où elle résidait et des rassemblements d’activistes réclamant vengeance se sont déroulés samedi soir.

L’auteur présumé du crime, un Palestinien de 29 ans, a été arrêté au cours d’une opération militaro-policière dans un immeuble à l’abandon de Ramallah, la «capitale» de l’Autorité palestinienne. Il n’a pas opposé de résistance. Ses motivations restent à déterminer. Elles pourraient être la combinaison de plusieurs facteurs mêlant attaque sexuelle et volonté nationaliste de s’en prendre à une Israélienne.

» LIRE AUSSI – À Gaza, les Palestiniens sombrent dans la misère

Arafat Irfaiya a été trahi par son ADN. Il avait effectué de courts séjours dans des prisons israéliennes en 2009 et 2017 pour port illégal d’arme blanche. Selon les enquêteurs cités par la presse, la scène du crime traduisait la violence et la cruauté de l’agression. Comme c’est l’usage dans ce type d’affaires, la police israélienne a imposé un black-out de l’information. Ce silence a attisé les rumeurs sur les réseaux sociaux où prolifèrent détails scabreux et polémiques.

«Une fille juive pure a été brutalement violée et assassinée par l’ennemi arabe. Sa tête a été coupée. Que la mémoire d’Ori soit bénie» a posté sur sa page Facebook, Yair Netanyahou, le fils du premier ministre. «Bien sûr, notre police malade a donné un ordre de censure» a-t-il accusé dans un autre post.

Dans une déclaration inhabituelle, la police a répliqué en mettant en garde contre une «avalanche» de publications sur les réseaux sociaux «totalement infondées, qui portent atteinte à la dignité de la victime et de sa famille, tout en induisant le public en erreur».

Publicité

» LIRE AUSSI – En Israël, un ex-chef de la police se reconvertit dans le cannabis

Sans attendre les conclusions de l’enquête du Shin Beth, le ministre de la Justice, Ayelet Shaked, membre de la Nouvelle Droite, un parti ultranationaliste, a demandé que le suspect soit jugé par un tribunal militaire et condamné à mort. Le débat sur cette question sensible a été relancé en novembre avec un projet de loi qui faciliterait la condamnation à la peine capitale de meurtriers palestiniens. Il stipule que les tribunaux militaires siégeant en Cisjordanie occupée et qui s’abstiennent actuellement de prononcer de tels verdicts pourront se prononcer en faveur du châtiment suprême, non plus à l’unanimité des trois juges mais à la majorité. «Un Palestinien qui s’infiltre en Israël pour tuer un juif est un terroriste» a, pour sa part, tranché le ministre de la Sécurité intérieure Gilad Erdan qui a critiqué la prudence de ses propres services. «S’occuper des motivations est totalement superflu» a-t-il ajouté. Il s’est dit, lui aussi, en faveur de la peine de mort.

En cette période de campagne électorale, la question du gel d’une partie des transferts d’argent due à l’Autorité palestinienne dans le cadre de taxes perçues a, également, été relancée. Versées au budget palestinien, certaines sommes servent à payer les aides accordées aux familles de Palestiniens détenus par Israël ou qui ont été tués par des soldats israéliens. «Le terroriste qui a commis ce meurtre va recevoir un gros salaire dès qu’il sera en prison», s’est insurgé le ministre de l’éducation nationale, Naftali Bennett, le chef de file de la Nouvelle Droite.

» LIRE AUSSI – Israël: le général Gantz en piste face à Nétanyahou

Originaire d’Hébron, Arafat Irfaiya vivait de petits boulots. L’armée israélienne a pris les mesures de la maison qu’il partageait avec sa famille en vue de sa possible démolition.

Dans l’hommage rendu à leur fille le jour des obsèques, les parents d’Ori Ansbacher ont salué son «esprit pur» et son désir de rendre le «monde meilleur». Son père est rabbin dans une yeshiva, une école religieuse.

 

LeFigaro