Antisemantisme: La Lituanie imite la Pologne et criminalise les accusations de collaboration dans le Massacre des Israelites

L’an dernier, la Pologne adoptait une loi controversée qui lui a valu des critiques à l’international et a nui à ses relations avec Israël, les États-Unis et les groupes juifs du monde entier. Nombreux étaient ceux qui craignaient que cette loi, qui interdisait d’évoquer la complicité des Polonais dans les crimes nazis – car le pays était sous occupation nazie, selon ses dirigeants – entraverait l’éducation et la recherche historique sur le génocide.

Ces craintes ne se sont pas estompées depuis l’adoption de cette législation. En dépit de multiples tentatives d’enterrer la hache de guerre, le président polonais Andrzej Duda s’est désolidarisé la semaine dernière d’une commémoration de la Shoah à Jérusalem.

Certains historiens et survivants affirment que la législation polonaise a encouragé d’autres nations européennes aux antécédents beaucoup plus sinistres concernant la Shoah.

L’un de ces pays est la Lituanie, où la complicité nazie était répandue, ce qui explique comment 95 % des 250 000 Juifs du pays ont été exterminés, selon des instituts de recherches internationaux sur le génocide.

Pour tenter de s’opposer à cette version, un député lituanien du parti du Premier ministre Saulius Skvernelis a annoncé le mois dernier qu’une commission qu’il supervise rédigeait une loi déclarant que ni la Lituanie ni ses dirigeants n’avaient pris part à la Shoah.

« L’État lituanien n’a pas participé à l’Holocauste parce qu’il était occupé, tout comme la nation lituanienne n’a pas participé à l’Holocauste parce qu’elle était asservie », a déclaré le député Arunas Gumuliauskas.

Pour Rosa Bloch, une survivante du ghetto de Kovno âgée de 91 ans, ces affirmations sont « tellement fausses et scandaleuses qu’elles ne peuvent qu’être le produit de la loi polonaise », a-t-elle dénoncé auprès la Jewish Telegraphic Agency.

« Les Lituaniens ont vu que cela a fonctionné pour les Polonais, donc ils les ont suivis », a-t-elle poursuivi.

 

Times Of Israel