Antisemantisme, Entrisme: Cloé Korman(de type Blanche Ashkénaze) “Minorités de tout le pays, unissez-vous !” (Qu’elle s’occupe d’abord du Cas FinkielKraut et Zemmour)

Temps mort. Le livre limpide et essentiel de Cloé Korman vient opportunément siffler la fin de partie. Depuis quelques années, opposer les victimes du racisme et celles de l’antisémitisme, comme s’il s’agissait de deux équipes adverses, est devenu un sport national, dangereusement pratiqué par certains médias, responsables politiques ou prétendus intellectuels.

Liens souterrains

Ces faits, Cloé Korman, dont on a déjà pu apprécier la finesse dans ses romans dont « les Saisons de Louveplaine », les rappelle froidement, calmement. Sans anathème ni outrances, ce qui relève de la gageure quand on s’empare d’un tel sujet. Et elle puise aussi bien dans l’Histoire que dans sa propre histoire, celle d’une petite-fille de rescapés de la Shoah. « Ma conscience des autres racismes et la colère qu’ils m’inspirent s’enracinent dans mon expérience du judaïsme », écrit-elle.

D’où, peut-être, cette extrême lucidité quant aux liens souterrains entre ce qui, par exemple, a pu conduire des policiers français à arrêter des enfants juifs en 1942 et d’autres à poursuivre des adolescents de Clichy-sous-Bois, en 2005. Le transformateur électrique dans lequel Zyed et Bouna sont morts se trouve d’ailleurs à une dizaine de kilomètres de Drancy, d’où furent déportés 63 000 juifs. Dans chaque mot de Cloé Korman résonne la phrase du psychiatre antillais Frantz Fanon : « Quand vous entendez dire du mal des juifs, dressez l’oreille, on parle de vous. » Et réciproquement, souligne Korman. Minorités de tout le pays, unissez-vous !