Antisémantisme: Benoit Rayski(de type blanc ashkénaze)”Lors d’une rencontre à la Mairie de Nimes, la plupart des jeunes étaient pour la plupart d’origine métèques quelques blancs seulement”

Mon ami Jean-Paul, prof de philo et très à gauche, avait été sollicité par la municipalité de Nîmes pour parler aux “jeunes”de la citoyenneté.  “Tu veux venir avec moi?” m’a-t-il demandé.  J’ai dit oui.
Sur place, deux responsables d’association locale nous attendaient.  Avec eux, nous sommes entrés dans une salle où une vingtaine de personnes patientaient.  Tous jeunes.  Rien que des garçons.  Les filles étaient restées à la maison, sans doute pour faire de la couture…
Les jeunes étaient pour la plupart d’origine arabe, quelques noirs seulement: la photographie inverse de ce que Macron a vu à Evry.  Jean-Paul, dans un langage simple, leur parla des droits de l’Homme, du droit de vote, de la liberté, etc.  
Les jeunes s’ennuyaient ferme.  À la fin de son intervention, Jean-Paul leur demanda s’ils avaient des questions à poser.  Un silence buté lui fit échos.  Il insista: même silence buté.
Je lui demandai l’autorisation de prendre la parole.  Je m’adressai alors à un grand gaillard qui était assis au premier rang.  “Tu votes?”.  “Non.”. “Mais tu es français?”. ”  Il murmura: “J’sais pas.”…
Un peu en colère, je lui lançai: “Mais tu as une carte d’identité française?”.  Il consentit à me répondre: “Ouais.”.  “Donc tu es français!”.  “J’sais pas.”.  J’étais bien décidé à continuer de le harceler.
“Tes parents sont d’où?”.  Sa voix se fit plus claire: “De Constantine.”.  “Alors, lui dis-je, tu es un français d’origine algérienne, comme il y a des français d’origine espagnole, portugaise, polonaise, juive.”.  J’eus droit à un nouveau “J’sais pas.”.
N’y tenant plus, je me fis plus pressant: “Alors est-ce que tu sais ce que tu es?”.  La réponse vint sans hésitation: “Musulman.”.  Je rendis les armes et Jean-Paul, dégoûté, renonça à jamais à se rendre en banlieue.  

Atlantico